Israël durcit les restrictions sur les espèces et l'économie souterraine

La législation israélienne sur la réduction des espèces, durcie en 2022 et complétée en 2026, abaisse les plafonds de paiement et suscite des débats sur la vie privée.

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Israël durcit les restrictions sur les espèces et l'économie souterraine
Photo : ICE / מזומן (צילום פלאש 90/ נתי שוחט)

Les panneaux affichés à l'entrée des commerces informant les clients que « nous acceptons uniquement les cartes de crédit ou les applications mobiles » sont devenus de plus en plus courants ces dernières années. Pour beaucoup, c'est le signe que l'argent liquide disparaît de la vie quotidienne, mais derrière ce changement se cache également un arsenal législatif qui a progressivement restreint les transactions en espèces.

Selon une étude publiée par TALK finance, la loi sur la réduction de l'utilisation des espèces, entrée en vigueur en 2019, a subi au fil des ans une série de modifications qui ont abaissé les montants autorisés pour les paiements en liquide.

Évolution des plafonds de transactions en espèces

Dans un premier temps, les transactions en espèces avec un commerce ont été plafonnées à 11 000 shekels, tandis que les transactions entre particuliers affichaient une limite de 50 000 shekels. En 2022, une baisse significative est intervenue : le montant maximal pour une transaction commerciale a été fixé à 6 000 shekels, et les transactions entre particuliers ont été limitées à 15 000 shekels, à l'exception de l'achat d'un véhicule d'occasion auprès d'un particulier, resté à 50 000 shekels.

Il est important de comprendre que la restriction ne s'applique pas seulement au montant réellement payé en espèces, mais au prix total de la transaction. Lorsque le prix dépasse le plafond légal, seule une partie limitée peut être réglée en espèces. En outre, toute tentative de contournement par le fractionnement artificiel d'une transaction est considérée comme une infraction grave.

La législation prévoit également des sanctions financières sévères. Les amendes pour les entreprises peuvent atteindre 15 % à 30 % du montant de l'infraction, selon les circonstances. De plus, le fractionnement artificiel d'une transaction pour éluder les règles peut constituer un délit pénal.

Lutte contre l'économie souterraine et débat public

Un nouveau volet législatif visant à lutter contre l'économie souterraine a été avancé, introduisant des restrictions strictes sur l'échange de billets de banque, y compris l'escompte et la conversion. Les documents parlementaires ont précisé que l'objectif est d'empêcher le contournement des limites légales.

Toutefois, la loi n'interdit pas aux entreprises d'accepter des espèces en dessous des seuils fixés. Les commerces qui exigent des paiements numériques le font pour des raisons opérationnelles et commerciales, telles que la sécurité et les coûts de gestion, et non en raison d'une interdiction légale.

Cette tendance a suscité des critiques publiques. L'ancien député Moshe Feiglin a déclaré sur les réseaux sociaux que la réduction des espèces nuit à la vie privée financière.

« L'État étouffe tout simplement l'argent liquide lentement et silencieusement », a affirmé Feiglin, mettant en garde contre une dépendance totale envers les systèmes financiers numériques.

D'un autre côté, l'objectif déclaré de la législation reste la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d'argent. Ces mesures témoignent d'une transformation profonde des habitudes de paiement et de la régulation économique.

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