Israël : les commissions des agents d'assurance atteignent un record en 2025
Les commissions des agents d'assurance en Israël ont atteint un record de 13,23 milliards de NIS en 2025. L'Autorité du marché des capitaux met en garde contre les risques de conflits d'intérêts.

Les agents d'assurance en Israël ont perçu un volume record de commissions payées par les assurés en 2025. Selon le rapport de l'Autorité du marché des capitaux, de l'assurance et de l'épargne, le montant total des commissions versées aux agents agréés a atteint 13,23 milliards de NIS, soit une hausse de 10 % en un an. Depuis 2022, ces commissions ont bondi de 2,8 milliards de NIS, soit une augmentation de 27 %.
Explosion des commissions dans la santé
La hausse la plus marquée a été enregistrée dans le secteur de l'assurance santé, où les commissions ont bondi de 25 % pour atteindre 3,59 milliards de NIS. Dans les fonds de prévoyance et les retraites, les commissions ont augmenté de 19 % à 3,14 milliards de NIS. Dans l'assurance générale (principalement auto et habitation), elles ont progressé de 3 % à 3,63 milliards de NIS. En revanche, l'assurance-vie a enregistré une baisse de 3 %, s'établissant à 2,87 milliards de NIS.
L'augmentation des commissions en assurance santé ne s'explique pas uniquement par la hausse des primes liée à la croissance démographique. La part des commissions dans les primes est passée de 18,57 % en 2024 à 21,97 % en 2025. Ainsi, près de 22 NIS sur 100 versés par les assurés ont été consacrés aux commissions. Chez Ayalon, ce taux est passé de 16,33 % à 27,15 %, tandis que chez Clal, il s'est élevé à 26,59 %.
Croissance du secteur et risques de conflits d'intérêts
Parallèlement à l'expansion du marché des retraites en Israël, qui gère plus de 1,1 billion de NIS, le nombre d'agents d'assurance retraite a augmenté de 3,6 % pour atteindre 11 782. Le nombre de cabinets d'assurance actifs a progressé plus modérément de 0,8 %, s'établissant à 2 138. L'Autorité estime que cette croissance est liée à « l'attractivité de l'activité de courtage en assurance et au niveau de rentabilité du secteur ».
Toutefois, le commissaire de l'Autorité du marché des capitaux, Amit Gal, avertit que la dépendance vis-à-vis des intermédiaires et les modes de rémunération peuvent générer des conflits d'intérêts. En conséquence, l'Autorité a renforcé les obligations de déclaration sur les commissions et les accords d'externalisation.
Bien que l'agent serve d'intermédiaire pour guider le client, il n'est pas un conseiller neutre puisque sa rémunération est versée par la compagnie d'assurance et répercutée sur l'assuré. Des commissions élevées peuvent inciter à proposer le produit le plus rentable pour l'agent plutôt que le plus adapté ou le moins cher pour le client.
Des réformes au point mort
Ce risque est particulièrement élevé en assurance santé, où les clients s'exposent à des doubles couvertures ou à des polices coûteuses non adaptées. Ces dernières années, l'Autorité a tenté de promouvoir des réformes, notamment celle de « l'agent objectif », qui devait contraindre les courtiers à déclarer leurs liens d'intérêts avec les assureurs. Ces initiatives n'ont toutefois pas encore été traduites en réglementations contraignantes.
.jpeg)




