L'Inde recommande une enquête officielle contre le géant chinois Xiaomi
Le SFIO indien recommande d'enquêter sur Xiaomi pour des irrégularités financières présumées, s'ajoutant aux difficultés réglementaires et concurrentielles du groupe.

Le Bureau des enquêtes sur les fraudes graves (SFIO) en Inde a recommandé l'ouverture d'une enquête officielle contre le géant technologique chinois Xiaomi, en raison de soupçons d'irrégularités dans son modèle économique et de non-respect des lois sur les investissements étrangers. Cette recommandation, formulée dans un document interne daté de mai et révélé par Reuters, intervient dans un contexte de réchauffement diplomatique prudent entre New Delhi et Pékin, à l'approche de la visite attendue du président chinois Xi Jinping en Inde pour le sommet des BRICS ce week-end.
Détails de l'enquête proposée
Le document suggère d'examiner de près les mouvements de capitaux de l'entreprise, ses bénéficiaires effectifs ainsi que ses liens avec des investisseurs étrangers, afin de déterminer si Xiaomi a contourné l'obligation d'obtenir des autorisations gouvernementales préalables. Ces règles strictes avaient été imposées aux investissements en provenance de Chine à la suite d'affrontements frontaliers meurtriers en 2020. La SFIO a élaboré un plan d'action en 21 points prévoyant l'analyse des rapports financiers et des commissaires aux comptes pour déceler d'éventuelles anomalies substantielles, ainsi que la convocation de dirigeants actuels et passés, de directeurs financiers et de responsables de la conformité.
L'enquête envisagée prévoit également un examen approfondi des accords de lancement exclusifs conclus par Xiaomi avec des plateformes de commerce électronique telles qu'Amazon et Flipkart, filiale de Walmart. Les autorités soupçonnent ces pratiques d'avoir enfreint les politiques d'investissement direct étranger (IDE) et de porter préjudice aux petits commerces locaux.
Pressions croissantes et batailles juridiques
Cette menace d'enquête constitue un nouveau coup dur pour Xiaomi. Autrefois leader du marché indien des smartphones, la marque a vu sa part de marché chuter de 19 % à 13 %, la reléguant à la quatrième place face à une concurrence agressive menée par Apple et Samsung. Par ailleurs, Xiaomi conteste toujours en justice une décision prise en 2022 par les autorités indiennes de geler environ 5,55 milliards de roupies (environ 584 millions de dollars) de ses avoirs bancaires locaux pour des transferts de fonds présumés illégaux, des accusations que l'entreprise rejette fermement.
Interrogé par l'agence Reuters, un porte-parole de Xiaomi a indiqué que la firme n'avait reçu aucune notification officielle ou communication de la part de la SFIO, tout en soulignant qu'elle accorde une importance capitale aux lois du pays et s'y conforme en tout temps. La proposition de mise en place d'une équipe d'enquête doit désormais être approuvée par le ministère des Affaires des sociétés, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois et à l'issue duquel le ministère pourra valider, rejeter ou rediriger le dossier vers d'autres instances gouvernementales.
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