Gaza : un projet de surveillance par IA dans les écoles suscite la polémique

Une association humanitaire américaine prévoit d'utiliser l'intelligence artificielle pour surveiller des classes dans la bande de Gaza et détecter toute incitation, suscitant de vives inquiétudes sur la vie privée.

Source :Walla
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Une organisation humanitaire américaine envisage d'introduire des outils d'intelligence artificielle pour surveiller les salles de classe dans la bande de Gaza, analysant les interactions entre enseignants et élèves afin de détecter d'éventuels propos antisémites ou des incitations à la haine. Cette initiative, révélée par une enquête de l'Associated Press, vise à garantir que les éducateurs respectent un programme axé sur la tolérance envers les Israéliens et les Juifs.

Origines et objectifs du projet

Le programme est mené par le Dr David Hassan, neurochirurgien américano-palestinien enseignant à l'université Duke, qui a fondé l'organisation Gaza Children Village après avoir fait du bénévolat dans des hôpitaux en temps de guerre. Hassan souhaite réformer le contenu éducatif, s'appuyant sur sa propre expérience pour offrir aux enfants de Gaza de nouvelles perspectives pédagogiques.

Opérant sous le nom d'Academies of Hope dans le centre et le sud de la bande de Gaza, le projet adapte les manuels scolaires de l'Autorité palestinienne tout en tentant d'en expurger les contenus hostiles. Néanmoins, cette approche suscite de vives inquiétudes parmi les enseignants et certains membres de la direction concernant le respect de la vie privée et la liberté d'expression.

Surveillance technologique et controverses

Selon les documents du projet, le système d'intelligence artificielle enregistrerait les conversations en classe et signalerait les déclarations jugées problématiques pour un examen ultérieur, les enregistrements devant être supprimés au bout de 72 heures. Malgré les affirmations de Hassan concernant des tests menés dans de nombreuses classes, l'absence de vérification indépendante et le manque de clarté sur la sécurité des données suscitent de fortes oppositions.

"La surveillance par l'intelligence artificielle dans les salles de classe risque de créer un climat de peur et d'entraver la liberté d'expression des enseignants et des élèves", a souligné un observateur local.

Des tensions internes ont également éclaté au sein de l'organisation. Bishara Bahbah, membre du conseil d'administration, a indiqué qu'il n'avait pas été informé de ce plan de surveillance, tandis que plusieurs enseignants ont exprimé des craintes face à des contrôles potentiels exercés par le Hamas.

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