Crise de la dette en France : les rendements obligataires s'envolent à 4,9 %
La flambée des rendements obligataires français à 4,9 % plonge le pays dans une grave crise de la dette. La Banque centrale européenne est sous pression pour intervenir.
La France fait face à une crise de la dette souveraine sans précédent, les rendements des obligations d'État ayant atteint 4,9 %, creusant un écart record sur trois décennies avec les dettes plus sûres de la zone euro. Sur fond d'instabilité politique, de mouvements sociaux et d'un ratio de la dette publique qui devrait dépasser 120 % du PIB d'ici la fin de l'année, les investisseurs internationaux se détournent massivement des actifs français.
Face à l'impasse budgétaire et à l'impossibilité pour le gouvernement de faire adopter des coupes budgétaires de 47 milliards d'euros, tous les regards se tournent vers la Banque centrale européenne (BCE) et sa présidente, Christine Lagarde. Les analystes estiment qu'une intervention de la BCE sur le marché obligataire, similaire à celle de la crise de la zone euro en 2011-2012, est devenue inévitable pour éviter la contagion.
Cependant, le climat politique en Europe a radicalement changé. En Allemagne, la lassitude des contribuables face aux sauvetages financiers profite au parti Alternative pour l'Allemagne, en tête des sondages. Conjuguée aux niveaux élevés de la dette en Italie et en Espagne, la crise française menace la stabilité globale de la monnaie unique, d'autant que l'opinion publique refuse obstinément les réformes structurelles.