Guerre ouverte entre les startups d'IA Factory et Cognition sur fond d'espionnage
Une violente dispute publique entre les startups d'IA Factory et Cognition expose les accusations d'espionnage industriel et les conflits d'intérêts dans le capital-risque.

La course féroce au développement de logiciels pilotés par des agents d'IA autonomes a pris une tournure particulièrement acrimonieuse, opposant publiquement sur les réseaux sociaux deux startups de premier plan : Factory et Cognition. Ce conflit public met en lumière les tensions en coulisses de l'industrie technologique, les frictions entre fondateurs et investisseurs, ainsi que les graves dilemmes éthiques qui secouent la frénésie actuelle des investissements dans l'intelligence artificielle.
Au cœur de la tourmente se trouve Chris Degnan, ancien cadre supérieur de Snowflake et conseiller de Factory. Matan Greenberg, cofondateur et PDG de Factory, a accusé sur X avoir licencié Degnan après avoir découvert des discussions prolongées avec la direction de leur principal concurrent, Cognition, connu pour son agent de codage Devin. Greenberg a affirmé que Degnan avait accès à des informations stratégiques confidentielles.
L'affrontement des investisseurs
Le drame a pris une ampleur inédite lorsque les investisseurs sont entrés dans la danse. Le fonds de capital-risque Khosla Ventures soutient à la fois Factory et Cognition. Le fondateur du fonds, Vinod Khosla, a publiquement attaqué Greenberg, qualifiant Factory de concurrent à la traîne. Par un retournement de situation surprenant, un autre associé de Khosla, Keith Rabois, a pris la défense de Factory, condamnant le manque d'éthique de mener des discussions avec un concurrent tout en siégeant au conseil d'administration. Parallèlement, Sean Maguire, associé chez Sequoia Capital, a adressé une menace voilée sur X, affirmant détenir une « arme nucléaire » capable d'anéantir Cognition.
Au-delà des querelles de personnalités, ce différend met en évidence un problème structurel exacerbé par la bulle de l'IA : les conflits d'intérêts massifs au sein des fonds de capital-risque. Financer des concurrents directs tout en siégeant dans leurs conseils d'administration crée un imbroglio éthique qui attire désormais l'attention des régulateurs, à l'instar des enquêtes du Département de la justice américain sur des pratiques similaires.





