Hausse des diagnostics d'épilepsie chez les adultes : des signes souvent masqués
Une augmentation des diagnostics d'épilepsie chez les adultes de plus de 60 ans est observée, souvent confondue avec la ménopause. Les experts recommandent la vigilance face aux signes subtils.

L'épilepsie est souvent perçue comme une affection pédiatrique, pourtant de nouvelles données révèlent une augmentation préoccupante des diagnostics chez les adultes, en particulier après 60 ans. Les experts avertissent que beaucoup ignorent les signes précurseurs, qui n'impliquent pas toujours des crises spectaculaires. Des sensations physiques insolites, une confusion passagère ou un sentiment de détachement peuvent constituer les premiers symptômes, mais ils sont fréquemment attribués à tort à la ménopause ou au stress, ce qui retarde le diagnostic.
Le cas de Claire Bernard illustre parfaitement cette difficulté. À l'âge de 45 ans, elle a commencé à ressentir des sensations brèves de quelques secondes, associées à des bouffées de chaleur et à des nausées remontant de l'estomac vers la tête. Pendant 18 mois, ses médecins ont imputé ces signes à la ménopause, bien qu'elle suivît un traitement hormonal substitutif. Elle a elle-même tenté d'y croire, plaisantant sur ces épisodes sans comprendre qu'il s'agissait de crises d'épilepsie focales annonciatrices.
La situation s'est aggravée lorsqu'elle s'est effondrée dans sa cuisine, suivie deux mois plus tard par une crise généralisée ayant entraîné son hospitalisation. Ce n'est qu'après avoir perdu une grande partie de ses souvenirs des années précédentes qu'elle a été diagnostiquée d'une épilepsie du lobe temporal, une forme de la maladie touchant les zones cérébrales liées à la mémoire. Son cas souligne l'importance cruciale de prêter attention aux symptômes atypiques.
Une nouvelle étude publiée dans la revue JAMA Neurology apporte un éclairage sur cette hausse chez les seniors. Les chercheurs ont établi un lien net entre l'apparition de l'épilepsie à un âge avancé et des problèmes cardiovasculaires, tels que l'hypertension et le diabète. Le tabagisme et les accidents vasculaires cérébraux constituent également des facteurs de risque. L'hypothèse est que les lésions vasculaires cérébrales perturbent l'activité électrique normale et provoquent des crises, tandis que le vieillissement naturel du cerveau accentue la vulnérabilité.
Les spécialistes rappellent qu'il ne faut jamais ignorer des sensations physiques inhabituelles, même bénignes en apparence. Maintenir un mode de vie sain, comprenant une bonne alimentation, de l'exercice et un sommeil suffisant, peut contribuer à réduire les risques. En cas de symptômes persistants, il est essentiel de consulter un médecin afin d'obtenir un diagnostic précoce.





