Immobilier : condamnation de promoteurs pour dissimulation de plans de toit
Un tribunal de Tel-Aviv a condamné Africa Israel et Dnya Sibus à verser 183 000 shekels à trois couples pour avoir dissimulé des plans de séparation de toits à Beer Yaakov.

Le tribunal de paix de Tel-Aviv a ordné aux sociétés Africa Israel et Dnya Sibus d'indemniser trois couples ayant acquis des appartements au dernier étage d'un projet immobilier à Beer Yaakov, après leur avoir dissimulé les modalités de séparation des toits-terrasses attachés à leurs biens.
Entre 2011 et 2012, six plaignants ont acheté des logements au 16e étage du projet Savyoney Tel Menashe, se voyant attribuer une surface de toit de 105 mètres carrés par appartement. Selon leurs déclarations, les représentants commerciaux avaient présenté ces toits comme des espaces privés et distincts, propices à l'organisation d'événements. Or, lors de la livraison, les acquéreurs ont découvert qu'au lieu de murs en dur séparant les toits entre eux et des parties communes, des clôtures métalliques mobiles posées sur des blocs de béton d'environ 1,2 mètre de haut avaient été installées. Ils se sont également plaints de conduits de ventilation dégageant de fortes odeurs.
Représentés par les avocats Hila Karko et Moshe Manor, les acquéreurs ont exigé l'érection de murs en béton et de portes d'entrée indépendantes, ainsi que des dommages et intérêts. À titre subsidiaire, ils ont réclamé une indemnisation pour dépréciation immobilière, portant le litige initial à environ 1,5 million de shekels. Suite à un jugement partiel sur consenti concernant certains défauts corrigés, seule la question de la moins-value immobilière restait à trancher.
Africa Israel et Dnya Sibus, représentées par l'avocate Maayan Sagi, ont soutenu que les contrats de vente et les devis techniques ne comprenaient aucun engagement de construire des murs de séparation. Selon elles, les acheteurs ont reçu exactement ce qui était convenu, à savoir des toits attachés et non des terrasses aménagées. Le juge Ehud Schwartz a rejeté la demande de construction de murs en béton, mais a validé l'argument des acquéreurs concernant la violation du devoir d'information, estimant qu'ils avaient des motifs raisonnables de croire qu'un usage privé serait garanti.
Un tournant décisif est intervenu lors du témoignage de l'architecte du projet, qui a admis en contre-interrogatoire qu' dès 2008, soit trois ans avant les ventes, les entreprises savaient que la séparation serait assurée par des clôtures sur blocs de béton. Le juge a estimé que les sociétés auraient dû divulguer les plans de clôture approuvés, qualifiant l'omission de manquement au devoir d'information durant les négociations, tout en écartant l'hypothèse d'une tromperie préméditée.
Finalement, le tribunal a condamné les géants de la construction à verser solidairement à chaque couple 38 000 shekels pour dépréciation, 15 000 shekels pour préjudice moral et 8 000 shekels de frais de justice, soit un total de 183 000 shekels pour les trois couples, augmentés des intérêts.





