Dans le Bureau ovale, ce n'est pas seulement le sort de l'Iran qui sera déterminé — mais l'avenir du Moyen-Orient
L'administration à Washington, dirigée par le président Donald Trump et le secrétaire d'État Marco Rubio, cherche à promouvoir des mesures historiques dans la région. À cette fin, Benjamin Nétanyahou est tenu de présenter à la Maison Blanche plusieurs principes partagés entre les alliés, servant d'ancrage stratégique, sécuritaire et économique pour Israël.

L'administration à Washington, dirigée par le président américain Donald Trump et le secrétaire d'État Marco Rubio, recherche des mesures historiques, des méga-accords et un remodelage de la carte mondiale. Il est clair pour tous que dans la vision large des États-Unis, l'Iran n'est qu'un composant parmi tant d'autres, et que Washington a plusieurs « balles en l'air » à tout moment.
Récemment, parallèlement à la poursuite de la campagne contre l'Iran, on peut déjà identifier clairement la campagne pour le « jour d'après », qui est menée avec toute sa force. L'Arabie saoudite, le Liban et l'Irak — tous sont sur la table d'opération américaine dans ce qui semble être le début du chemin vers le façonnement d'un nouvel ordre au Moyen-Orient.
Cet ordre a une grande importance pour le MAGA des États-Unis, et une grande partie sera également le produit des caractéristiques de la gestion américaine du régime en Iran.
Si tel est effectivement le cas, il est vital qu'Israël présente au président et aux hauts responsables de l'administration, précisément maintenant, un certain nombre de principes recommandés qui formeront la base de tout nouvel ordre régional, et tente déjà maintenant, et surtout maintenant, de parvenir à un alignement conceptuel entre lui-même et l'administration aux États-Unis.
Israël : La porte d'entrée physique vers l'Europe
• Le fondement économique : L'Inde au lieu de la Chine — le corridor IMEC est l'infrastructure du MAGA
Un nouvel ordre doit reposer sur une artère économique solide. Le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC) n'est pas seulement un projet d'infrastructure — c'est l'épine dorsale stratégique de la concurrence américaine face à la Chine.
Une inauguration rapide et progressive du corridor assurera le contrôle américain sur les chaînes d'approvisionnement mondiales et servira directement la vision de la croissance économique et de la concurrence américaine.
Israël est le maillon terrestre et maritime critique sur cet itinéraire — tant vis-à-vis de l'Inde que vis-à-vis de l'Europe. Une inauguration rapide du corridor, et de l'Inde comme substitut à la Chine, avec Israël comme porte d'entrée physique vers l'Europe, normalisera bon nombre des points d'interrogation en suspens.
• Le fondement politique : Tout ce qui n'est pas l'IMEC et tente de trouver des moyens de contourner Israël finira par s'interfacer avec le corridor chinois et le renforcer
Toute tentative de promouvoir des routes commerciales ou des accords régionaux via la Turquie, sans participation israélienne, n'est rien d'autre qu'une extension directe de l'initiative chinoise « la Ceinture et la Route ». Un seul coup d'œil sur une simple carte géographique suffit pour le constater, surtout à la lumière des efforts turcs pour réconcilier l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
C'est précisément la voie passant par Israël qui est la seule réponse capable de placer un plafond de verre sur l'influence chinoise dans la région.
• Le fondement historique : Sykes-Picot comme pierre angulaire des problèmes de la région, et l'opportunité de correction
Tout le monde « sanctifie » les frontières artificielles des pays de la région, sans comprendre qu'il s'agissait d'un acte colonial flagrant et prédateur qui a créé bon nombre des problèmes qu'Israël et les États-Unis connaissent aujourd'hui.
Depuis plus de cent ans, depuis les accords Sykes-Picot en 1916, des groupes ethniques ont été divisés et des entités étatiques défaillantes ont été établies, comme le Liban, la Syrie et l'Irak, où l'absence d'identité nationale a créé le vide dans lequel l'« axe de la résistance » s'est engouffré.
C'est précisément le démantèlement de l'axe dans la campagne actuelle qui crée une opportunité historique de promouvoir la décentralisation des pouvoirs, des autonomies locales et un ordre régional organique basé sur des forces locales stables connectées à leur identité — et non sur des gouvernements centraux fictifs.
• Le fondement civil et de réhabilitation : Comme après la Seconde Guerre mondiale — un plan Marshall dirigé par les États-Unis est nécessaire pour les pays de la région
La pénétration économique de l'Iran, de la Russie et de la Chine au Moyen-Orient a exploité des pays brisés et pauvres et a servi de base à une pénétration militaire puis politique. Le nouvel ordre doit combler cette lacune.
Un plan Marshall régional complet est nécessaire pour la réhabilitation et la reconstruction des États défaillants, qui sera financé principalement par les pays du Golfe et sera sous planification stratégique américano-israélienne.
L'investissement économique sera strictement conditionné au démantèlement des infrastructures hostiles, à une démilitarisation complète et à des garanties de sécurité, pour garantir que l'« axe du mal » ne puisse pas revenir et opérer dans ces pays.
• Le fondement sécuritaire : Un ancrage stratégique et des bases de secours américaines en Israël
Israël est l'ancrage le plus constant, stable et technologique de la région. C'est le moment d'inviter les États-Unis à établir des stocks d'urgence, des infrastructures logistiques et des bases de secours stratégiques sur le territoire de l'État d'Israël, et de l'ancrer officiellement dans le concept de sécurité des États-Unis.
La combinaison des capacités technologiques et opérationnelles de Tsahal avec une présence américaine permanente sur le sol israélien assurera la dissuasion et positionnera Israël comme le partenaire de sécurité principal et le plus fiable des États-Unis dans la région.
La discussion sur l'Iran n'est que le point de départ, pas la destination. La réunion à la Maison Blanche doit, précisément maintenant, s'élever au-dessus de la tourmente tactique et laisser sur la table du président Trump et du secrétaire Rubio des principes pour un nouvel ordre régional — du corridor IMEC, à la correction des distorsions de Sykes-Picot, jusqu'à un plan Marshall régional et un nouveau statut de sécurité américain en Israël.
C'est la véritable victoire stratégique que les deux parties peuvent atteindre ensemble.
L'auteur est Amit Yagur, lieutenant-colonel de réserve, ancien chef adjoint de l'arène palestinienne au sein de la Direction de la planification de Tsahal, et haut responsable du renseignement de la marine.



