L'UE propose un statut historique de membre associé au Canada face aux tensions avec les États-Unis
La Commission européenne a proposé au Canada de devenir membre associé de l'UE, une initiative historique motivée par les tensions commerciales croissantes avec les États-Unis.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der européenne, a officiellement proposé mercredi au Canada de rejoindre l'Union européenne en tant que « membre associé » (« Associate Member »), une première dans l'histoire de l'organisation. Mme von der Leyen a fait cette annonce lors de son discours annuel sur l'état de l'Union, prononcé au Parlement européen à Strasbourg en présence du Premier ministre canadien Mark Carney.
Une intégration économique sans précédent
Bien que les contours précis de ce nouveau statut restent à définir, cette proposition présage une intégration profonde dans les domaines du libre-échange, de la libre circulation, des normes réglementaires et du travail. Selon les estimations, les liens pourraient s'apparenter à ceux qu'entretiennent des pays comme l'Islande et la Norvège au sein de l'Espace économique européen.
« Les relations seront au plus haut niveau possible », a déclaré Ursula von der Leyen. « Je veux travailler avec vous pour ouvrir la porte au Canada afin qu'il devienne le premier "membre associé" de l'Union européenne », a-t-elle ajouté.
M. Carney, qui pilote ce dossier en coulisses depuis plusieurs semaines, doit s'adresser à son tour au Parlement européen.
Les tensions commerciales avec les États-Unis
Ce rapprochement stratégique intervient dans un contexte de guerre commerciale exacerbée entre le Canada et les États-Unis, sur fond de déclarations abrasives de l'administration américaine. Le président américain Donald Trump a multiplié les provocations à l'égard de son voisin du nord, qualifiant à plusieurs reprises le pays de « 51e État » et suggérant son annexion.
« Je veux travailler avec vous pour ouvrir la porte au Canada afin qu'il devienne le premier membre associé de l'Union européenne », a déclaré Ursula von der Leyen.
Face aux droits de douane massifs imposés par Washington sur les exportations canadiennes, Ottawa cherche activement des alternatives pour diversifier ses débouchés économiques. Actuellement, près des deux tiers des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis.
Un séisme géopolitique pour Bruxelles
Pour l'Union européenne, l'intégration du Canada constituerait un véritable séisme économique. Le pays deviendrait instantanément la quatrième économie du bloc derrière l'Allemagne, la France et l'Italie, apportant des réserves massives de minéraux critiques et de ressources énergétiques essentielles à l'autonomie technologique européenne.





