Londres accuse Israël d'espionnage sur une équipe militaire à Ramallah

Des responsables britanniques accusent Israël d'avoir espionné une équipe militaire à Ramallah, expulsée à la suite de sanctions de Londres.

Israel HayomAuteur : Dudi Kogan
Source
Londres accuse Israël d'espionnage sur une équipe militaire à Ramallah
Photo : Israel Hayom / למצולמים אין קשר לכתבה | צילום: אי.אף.פי

Des sources du gouvernement britannique ont accusé vendredi Israël, dans un entretien accordé au « Telegraph », d'avoir espionné une équipe militaire britannique à Ramallah qui transmettait à Londres et Washington des rapports sur les violences de colons en Cisjordanie. Selon elles, Israël cherchait un prétexte pour expulser l'équipe, sommée mardi de partir dans le cadre de mesures de rétorsion face aux sanctions britanniques.

L'équipe de soutien britannique opère à Ramallah sous le commandement d'un officier de rang équivalent à un général de brigade, entraînant les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne aux côtés de militaires américains et canadiens. Selon le « Telegraph », l'équipe compte actuellement une dizaine de militaires et sert de prolongement au bureau du coordinateur de la sécurité des États-Unis à Jérusalem.

Les yeux et les oreilles de l'Occident

Au cours des dernières années, l'équipe est devenue les « yeux et les oreilles » de l'Occident sur le terrain. Le rapport décrit comment ses membres se déplacent en Cisjordanie avec plus de facilité que les Américains en raison de protocoles de sécurité différents, ce qui leur permet de fournir des informations sur les violences aux homologues américains à Jérusalem.

« L'équipe fournit à la communauté internationale les meilleures informations sur la situation sécuritaire en Cisjordanie. Sa fermeture est un véritable cadeau pour les Israéliens, car elle ferme les yeux et les oreilles sur ce qui s'y passe », a déclaré au journal une source du ministère britannique de la Défense.

L'équipe devait quadrupler d'effectifs dans les semaines à venir avec l'arrivée d'environ 30 anciens militaires et policiers, avant que l'ordre israélien de fermeture ne tombe mardi. Ses membres ont reçu sept jours pour partir, tout comme la délégation britannique au quartier général international de Kiryat Gat.

Sanctions et riposte diplomatique

Selon les sources britanniques, les communications de l'équipe ont été régulièrement interceptées. « Les Israéliens écoutent tout, en particulier les rapports que l'équipe rassemble et transmet sur les violences des colons et la situation en Cisjordanie », a affirmé l'une d'elles.

En décembre dernier, « The Guardian » avait rapporté qu'Israël surveillait les forces américaines et alliées au quartier général de Kiryat Gat, une affirmation qualifiée alors d'« absurde » par Tsahal.

Les mesures de rétorsion israéliennes font suite à l'annonce faite mardi par le chef de la diplomatie britannique Ed Miliband à la Chambre des communes d'une série de sanctions, incluant une interdiction du commerce de biens et de certains services provenant des implantations en Cisjordanie. Onze autres pays, dont la France et le Canada, ont exprimé leur soutien à cette démarche. Israël a riposté en fermant le consulat britannique à Jérusalem et en interdisant d'entrée douze Britanniques.

Dans la même rubrique