Allergie alimentaire : le contact de l'allergène avec la peau n'a pas provoqué de réaction dangereuse

Une étude israélienne ayant examiné l'exposition cutanée aux allergènes chez des enfants souffrant d'allergies alimentaires a révélé que le contact n'a provoqué aucune réaction grave. Cependant, elle n'incluait pas les enfants ayant déjà subi une réaction allergique grave, de sorte que la nécessité de prendre en compte l'environnement et d'éliminer les allergènes des espaces publics reste en vigueur.

MakoAuteur : Dr Bar Levy
Source
Allergie alimentaire : le contact de l'allergène avec la peau n'a pas provoqué de réaction dangereuse
Photo : Mako / צילום: magnific

Pour la plupart des parents, envoyer les enfants à la maternelle ou aller au terrain de jeux fait partie de la routine quotidienne. Mais pour les parents d'enfants souffrant d'allergies alimentaires, même des situations aussi routinières peuvent s'accompagner d'une réelle inquiétude pour la santé des enfants. L'allergène qui met l'enfant en danger peut se trouver presque partout : un œuf au petit-déjeuner à la maternelle, du sésame dans une collation qu'un autre enfant tient, ou des traces de lait dans des restes de nourriture laissés sur la table ou sur l'équipement de jeu. En Israël, nous avons un exemple particulièrement connu : le Bamba, l'une des collations les plus courantes et les plus appréciées, contient des arachides, de sorte que les parents d'enfants allergiques aux arachides peuvent se retrouver constamment sur le qui-vive.

Une difficulté majeure est que la sécurité de l'enfant ne dépend pas seulement d'eux ; la sécurité des enfants nécessite également une sensibilisation et une considération de la part de l'environnement, tant dans les cadres éducatifs que dans les espaces publics. L'article a été initialement publié sur le site de l'Institut Davidson pour l'enseignement des sciences.

Bien qu'il soit connu que la plupart des réactions allergiques alimentaires surviennent à la suite de leur ingestion, le Dr Idit Lahover-Rot, directrice de l'unité d'allergologie et d'immunologie de l'hôpital Rambam, affirme que « de nombreuses familles vivent dans un état de tension constante par crainte que même un contact accidentel de l'aliment allergène avec la peau puisse provoquer une anaphylaxie ». Une réaction anaphylactique est une réaction allergique aiguë et grave qui peut se détériorer jusqu'à mettre la vie en danger. Sans traitement immédiat, le choc anaphylactique peut entraîner la mort.

Nouvelle étude : que se passe-t-il lors d'un contact cutané ?

Une nouvelle étude israélienne dirigée par le Dr Lahover-Rot a examiné 182 enfants âgés d'un an à 18 ans souffrant d'allergies alimentaires confirmées. Il est important de noter que les enfants ayant des antécédents de réactions allergiques particulièrement graves, ayant nécessité des soins intensifs ou plusieurs doses d'épinéphrine, n'ont pas été inclus dans l'étude.

Au cours de l'expérience, les chercheurs ont appliqué une petite quantité d'aliment allergène sur l'avant-bras pendant 15 minutes. Les résultats ont montré que dans près de 84 pour cent des expositions, aucune réaction ne s'est développée, tandis que dans environ 15 pour cent d'entre elles, une légère réaction locale s'est développée sur la peau. Dans seulement trois cas (un pour cent), la réaction a été plus étendue, mais même alors, elle est restée limitée au bras testé. Aucun des enfants n'a développé de symptômes systémiques ou de réaction anaphylactique.

Facteurs de risque

Les chercheurs ont constaté que le degré de risque dépend des caractéristiques personnelles de chaque enfant plutôt que du type d'aliment. Par exemple, les enfants présentant un défaut de la barrière cutanée naturelle ou les plus jeunes étaient plus sujets aux réactions cutanées. Fait intéressant, 55 enfants ayant déjà signalé une réaction allergique suite à un contact cutané n'ont développé aucune réaction lors de l'exposition contrôlée dans l'étude.

« Notre étude montre qu'avec une exposition sur une peau intacte, même chez les enfants souffrant d'allergies alimentaires prouvées, le risque est extrêmement faible, voire nul. Les résultats nous permettent de donner aux familles des conseils fondés sur des preuves scientifiques et de réduire les inquiétudes qui ne sont pas étayées par des données », déclare le Dr Lahover-Rot.

Limitations importantes

Malgré les résultats positifs, les chercheurs préviennent que l'étude ne démontre pas que le contact cutané avec un aliment allergène ne peut jamais provoquer de réaction grave. Les chercheurs ont testé une petite quantité d'aliment placée sur une zone cutanée limitée pendant seulement 15 minutes. Il est impossible de conclure à partir des résultats ce qui se passerait si l'allergène entrait en contact avec une zone cutanée plus large, une peau endommagée ou des muqueuses telles que les yeux ou la cavité buccale.

Les directives pour les familles ayant un enfant allergique restent inchangées : ils doivent être conscients du danger, en informer leur entourage, éviter de manger l'aliment allergène et porter une seringue d'épinéphrine en tout temps.

Dans la même rubrique