45 000 hassidim se rendent à Ouman - et cela pourrait leur coûter cher

Malgré la guerre en Ukraine et les craintes d'attaques russes, de désertion de l'armée et de pénurie d'abris, des dizaines de milliers de hassidim de Breslev ont toujours l'intention d'arriver pour Roch Hachana. L'État financera le système de sécurité à hauteur d'environ 700 000 shekels.

Israel HayomAuteur : Yaakov Hershkovitz
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45 000 hassidim se rendent à Ouman - et cela pourrait leur coûter cher
Photo : Israel Hayom / ישראלים בציון רבי נחמן מברסלב באומן | צילום: יהודה פרץ

Malgré la guerre en Ukraine, les menaces sécuritaires et la réalité complexe en Israël, les préparatifs pour le voyage de dizaines de milliers de hassidim de Breslev à Ouman pour Roch Hachana se poursuivent. Selon les estimations, environ 45 000 pèlerins devraient arriver dans la ville cette année, ce qui devrait constituer l'un des plus grands rassemblements d'Israéliens à l'étranger pendant la période des fêtes.

Des coordinations intensives ont actuellement lieu entre les responsables israéliens et les autorités ukrainiennes, dans le but de permettre l'arrivée des masses tout en minimisant les risques. Des agences gouvernementales — le ministère de la Diaspora, le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Transports et le ministère de l'Intérieur — sont impliquées dans les préparatifs, aux côtés des agences de sécurité et du Conseil de sécurité nationale. Une sécurité importante est également attendue sur le terrain : les autorités ukrainiennes se préparent à recevoir des dizaines de milliers d'Israéliens, durant lesquels des forces de police renforcées opéreront aux côtés de mesures de contrôle et de surveillance, y compris une activité aérienne.

Les voyageurs arriveront en Roumanie cette année, et de là continueront vers Ouman — une opération logistique complexe nécessitant une coordination entre de nombreuses parties, des passages frontaliers au transport de milliers de personnes sur de longues routes dans une région en pleine guerre. Suite aux demandes des autorités locales en Ukraine, l'État devrait participer au financement du système de sécurité, pour un coût estimé à environ 700 000 shekels, qui proviendra de plusieurs ministères gouvernementaux. Le ministère des Affaires étrangères se prépare également à mettre en place une cellule de crise dédiée à Jérusalem, qui fonctionnera 24 heures sur 24 pendant la période des voyages.

Avertissements de l'Ukraine

Parallèlement aux préparatifs israéliens, les autorités ukrainiennes ont émis des avertissements sévères et ont appelé les Israéliens à reconsidérer leur arrivée. La principale préoccupation concerne les attaques russes, car Ouman elle-même manque d'infrastructures de protection capables d'apporter une réponse complète pour un si grand nombre de personnes. Outre la pénurie d'abris, il existe également des inquiétudes concernant la capacité médicale locale à faire face à un événement faisant de nombreuses victimes. Le fait que l'Ukraine soit sous la loi martiale ajoute des restrictions supplémentaires — couvre-feux, restrictions de mouvement et application accrue de la loi — qui n'existent pas lors d'un voyage normal. Malgré cela, les estimations indiquent que des dizaines de milliers de hassidim ont toujours l'intention d'arriver.

Outre les préoccupations sécuritaires, les déserteurs ultra-orthodoxes cherchant à quitter Israël peuvent rencontrer un problème distinct : leur statut auprès des autorités de recrutement. Le rabbin Gervitz, qui participe aux préparatifs du voyage des hassidim de Breslev, explique qu'il existe des cas où des jeunes âgés de 18 à 26 ans, définis comme déserteurs, font face à une interdiction de voyager. Il appelle les jeunes à ne pas attendre le dernier moment et à régulariser leur statut à l'avance : « Il n'y a rien de plus dangereux que d'arriver à l'aéroport en supposant que tout va s'arranger, puis de découvrir au contrôle aux frontières qu'il existe une interdiction de voyager ».

La réalité suscite la frustration parmi les hassidim, surtout dans le contexte où la question de la loi sur le recrutement n'est toujours pas définitivement réglée. L'argument est que pendant la période intermédiaire, un mécanisme aurait pu être créé pour permettre aux jeunes de partir pour la fête tout en s'engageant à retourner en Israël — par exemple, en déposant une garantie. En pratique, un tel mécanisme n'existe pas de manière globale, et les jeunes déserteurs ne peuvent pas partir à l'étranger.

« Ne pas abandonner facilement »

Pour de nombreux hassidim de Breslev, cette difficulté n'est pas nécessairement une raison pour renoncer au voyage. Arriver à Ouman pour Roch Hachana est perçu comme une valeur spirituelle de premier ordre, et par conséquent, la possibilité de retard, d'arrestation ou de séjour dans une prison militaire n'est pas perçue comme un obstacle absolu.

Le rabbin Gervitz présente le fossé entre la réalité pratique et la foi : d'une part, il demande aux jeunes de régulariser leur statut à l'avance et d'éviter l'arrestation à l'aéroport ; d'autre part, il comprend l'intensité du sentiment parmi les hassidim de Breslev, selon lequel Roch Hachana à Ouman est un événement auquel on n'abandonne pas facilement. Pour certains hassidim, même un prix personnel incluant un séjour de plusieurs jours dans une prison militaire ne se compare pas à l'importance de rester sur la tombe du rabbin Nahman — et les déserteurs essaient de se rendre à Ouman par tous les moyens : en évitant les passages frontaliers, en tentant des traversées maritimes, et même en acceptant de passer quelques jours dans une prison militaire.

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