À 2 110 mètres d'altitude : la balançoire géante qui nous a laissé bouche bée

Trois passagers, un angle de 90 degrés et une vue imprenable : la nouvelle attraction au sommet de Grans-Chamossaire en Suisse offre un mélange étourdissant d'adrénaline et de paysages alpins. Derrière cette expérience se cache une stratégie des stations de ski pour s'adapter à un climat changeant.

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À 2 110 mètres d'altitude : la balançoire géante qui nous a laissé bouche bée
Photo : Ynet / Fabrice COFFRINI / AFP

À plus de 2 100 mètres d'altitude, face aux sommets des Alpes, une nouvelle attraction a ouvert ce mois-ci : une balançoire géante de 12 mètres de haut qui soulève trois passagers à un angle de 90 degrés avant de les lâcher dans un élan au-dessus de la vallée. Si l'installation de Grans-Chamossaire, en Suisse, promet des sensations fortes, elle témoigne surtout d'une réalité plus profonde : la volonté des stations alpines de se réinventer pour l'été et de se préparer à un avenir où la neige devient imprévisible en raison du changement climatique.

« Il y a un peu de papillons dans le ventre, on ne peut pas le nier, mais dès qu'on monte dessus, c'est tout simplement incroyable. On se sent comme un oiseau », a confié Alexandra Anchuz, 37 ans, venue tester l'attraction en famille.

La structure métallique en forme de V, située à 2 110 mètres d'altitude, arbore un design inspiré du bouquetin des Alpes. Une fois les passagers attachés, un système de poulies les incline progressivement jusqu'à 90 degrés, les laissant suspendus face au vide. Le lâcher déclenche une descente spectaculaire, offrant une vue imprenable sur la vallée verdoyante et les sommets rocheux.

Marc Trouper, 70 ans, a partagé son enthousiasme : « C'est effrayant, exactement comme je m'y attendais, et puis je suis resté sans voix. La descente est à couper le souffle, et la vue est tout simplement magnifique. »

Diversifier pour durer

Les stations de ski cherchent activement à attirer les visiteurs hors saison pour rentabiliser leurs infrastructures. Le changement climatique rend cette diversification indispensable.

« Nous essayons vraiment de diversifier notre offre », explique Martin Devraud, directeur de la station de Villars-Gryon-Diablerets. Selon lui, ce type d'attraction, similaire à celles installées à Megève ou La Clusaz, permet de proposer des activités indépendantes des conditions d'enneigement.

Bien que la station ait connu des records de fréquentation ces deux derniers hivers, la direction reste lucide. « Nous avons mené une étude sur notre potentiel d'enneigement à l'horizon 2050 et nous nous préparons à une situation où la neige sera moins abondante ou moins prévisible », précise M. Devraud.

Objectif : tripler la fréquentation estivale

L'écart entre les saisons reste important : 700 000 visiteurs en hiver contre 100 000 en été. L'objectif est de tripler la fréquentation estivale dans les prochaines années en multipliant les activités. Outre la balançoire, la station mise sur la randonnée, le VTT et le « Land Art », avec notamment des œuvres monumentales de l'artiste Saype.

L'emplacement de la balançoire a été choisi avec soin pour concentrer l'animation dans une zone déjà fréquentée, préservant ainsi les espaces sauvages pour les amoureux de la nature.

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