Pologne : arrestation d'un ex-associé du fondateur de Zondacrypto

L'arrestation de Roman Z., ancien associé du fondateur de Zondacrypto, relance les tensions en Pologne. L'enquête pour blanchiment oppose le Premier ministre Donald Tusk au président Karol Nawrocki.

ICEAuteur : Yosef Dolgopolsky
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Pologne : arrestation d'un ex-associé du fondateur de Zondacrypto
Photo : ICE / קריפטו (צילום shutterstock)

L'affaire entourant la plateforme d'échange de crypto-monnaies polonaise Zondacrypto, qui opérait auparavant sous le nom de BitBay, s'intensifie avec l'arrestation de Roman Z., ancien partenaire commercial du fondateur de la bourse.

Arrestation et saisie de documents

Le 5 septembre, les agents du Bureau central de lutte contre la cybercriminalité et la police polonaise ont arrêté Roman Z. dans le cadre d'une enquête en cours sur les activités de la plateforme. Selon les autorités, les perquisitions ont permis de saisir des montres de luxe ainsi que des documents liés aux opérations de Zondacrypto.

Cette arrestation s'inscrit dans une série de mesures judiciaires. En août dernier, Radoslaw P., président du Comité olympique polonais, a été arrêté pour des soupçons de trafic d'influence et de préjudice causé aux créanciers de Zondacrypto. Le parquet a demandé la prolongation de sa détention provisoire pour une durée de trois mois. Les autorités affirment avoir déjà reçu des milliers de plaintes liées à cette affaire.

Tensions politiques et soupçons de liens russes

Zondacrypto est devenue ces dernières années l'une des principales plateformes du marché polonais des crypto-actifs. Toutefois, l'affaire dépasse désormais largement le cadre financier.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a précédemment évoqué des liens présumés entre des entités liées à Zondacrypto et le crime organisé russe, associant également l'affaire à des figures politiques du camp conservateur. De son côté, Zondacrypto a rejeté ces accusations et affirme coopérer pleinement avec les autorités.

Le président polonais Karol Nawrocki se retrouve également au cœur de cette confrontation. Lors des débats sur la régulation des crypto-monnaies, le président a opposé son veto à un projet de loi visant à encadrer le marché et à l'aligner sur les normes de l'Union européenne. Donald Tusk et ses partisans soutiennent que ce veto a entravé la surveillance du secteur, tandis que l'entourage du président affirme que le texte était défectueux et que cette opposition législative n'a aucun lien avec l'affaire Zondacrypto.

Réaction de la présidence

L'arrestation de Roman Z. a relancé les hostilités politiques. Après l'annonce officielle de l'arrestation par le ministre de la Justice et procureur général, Zbigniew Bogucki, directeur du cabinet du président, a vivement critiqué le gouvernement.

Zbigniew Bogucki a déclaré :

« Les autorités disposaient déjà de tous les outils juridiques nécessaires pour lutter contre la criminalité sur le marché des crypto-actifs, sans avoir besoin d'attendre une nouvelle législation. Au lieu d'agir contre la délinquance financière, le gouvernement préfère faire du bruit politique. »

Ce dossier, initialement financier, est devenu l'un des principaux terrains d'affrontement politique en Pologne. Le gouvernement présente l'enquête comme un volet essentiel de la lutte contre le blanchiment d'argent, tandis que le camp présidentiel accuse le pouvoir d'instrumentaliser la justice à des fins politiques.

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