Zohar Levy et Jeremy Blank : comment les marges de raffinage ont dopé les actions des raffineries à Tel-Aviv
Les sociétés de raffinage locales ont traversé une année difficile, marquée par des interruptions de production et les conséquences des conflits. Malgré cela, la forte hausse des marges de raffinage a permis aux actions de Bazan et BAZA de doubler de valeur depuis le début de l'année, offrant des rendements élevés aux actionnaires.

Marge de raffinage
La marge de raffinage représente l'écart entre le prix de la matière première (pétrole brut) et celui des produits finis (essence, diesel et kérosène). C'est l'indicateur le plus crucial pour évaluer la performance des raffineries.
L'année a été éprouvante pour les deux raffineurs israéliens. Bazan, situé dans la baie de Haïfa, a subi deux impacts de missiles iraniens, causant la mort de trois employés et des dommages opérationnels importants. Parallèlement, son concurrent BAZA (opérateur de la raffinerie d'Ashdod) a dû faire face à une panne majeure ayant entraîné des pertes financières colossales, ainsi qu'à un accident tragique ayant coûté la vie à deux employées.
Malgré ces épreuves, les actions des deux entreprises ont enregistré des rendements à trois chiffres depuis le début de l'année, doublant ainsi leur valeur boursière. Cette tendance s'est accentuée le mois dernier : l'action Bazan a bondi de près de 40 %, atteignant une capitalisation de 6,3 milliards de shekels, tandis que celle de BAZA a progressé de 35 %, pour atteindre 1,5 milliard de shekels.
Les moteurs de la rentabilité
La hausse des marges de raffinage est le principal moteur de cette performance boursière. L'ETF CRAK, qui suit les actions mondiales du secteur, a surperformé le marché américain avec une hausse de plus de 45 % depuis janvier, contre 8 % pour le S&P 500.
« Les marges se sont élargies car le prix du pétrole a augmenté moins vite que celui des produits raffinés comme le diesel et l'essence », explique Meital Bar-David, analyste énergie chez Mizrahi Tefahot Bank. « Cela s'explique principalement par les dommages causés aux capacités de production en Russie par les attaques ukrainiennes et dans le Golfe par les actions iraniennes. »
La demande accrue en diesel et kérosène, liée à l'activité militaire intense, a soutenu ces marges. Selon Bazan, la marge sur le diesel a presque quadruplé depuis le début de l'année pour atteindre 80 dollars par baril, tandis que celle sur l'essence a plus que doublé, s'établissant à 39 dollars par baril.
Les grands gagnants
Cette envolée profite aux grands actionnaires. Chez Bazan, le groupe Petrochemicals et le fonds spéculatif Community de Jeremy Blank ont réalisé des gains substantiels, Blank ayant déjà doublé son investissement initial après avoir acquis 7 % du capital cette année.
Chez BAZA, le principal actionnaire est la société immobilière Summit, contrôlée par Zohar Levy. Son investissement s'est avéré fructueux, sa participation de 13 % étant désormais valorisée à environ 200 millions de shekels. À l'inverse, la société d'infrastructure Shapir, entrée au capital de BAZA en 2023, n'a pas encore constaté de création de valeur significative sur son investissement.
Tourner la page
Malgré le succès financier, les deux entreprises s'efforcent de surmonter leurs difficultés opérationnelles. Bazan prévoit que les assurances et les aides de l'État couvriront l'essentiel des dommages liés aux tirs de missiles. Chez BAZA, le nouveau PDG, Yogev Gavri, cherche à ouvrir un nouveau chapitre après les pannes techniques et les problèmes réglementaires, en s'appuyant sur les marges de raffinage actuelles pour stabiliser les opérations.





