Les banques israéliennes redoutent l'impact économique des sanctions britanniques
De hauts responsables bancaires israéliens craignent que l'élargissement des sanctions britanniques et européennes liées aux implantations en Cisjordanie ne frappe les banques locales, menaçant le commerce extérieur et l'utilisation des cartes bancaires à l'étranger.

Un touriste israélien faisant du shopping chez Primark sur Oxford Street à Londres tend sa carte bancaire, avant d'entendre le caissier lui dire : « Votre carte n'est pas acceptée. » Bien que ce scénario semble extrême, de hauts responsables bancaires en Israël avertissent qu'il n'est plus pureactement hypothétique.
L'ombre grandissante des sanctions britanniques
Dans le contexte d'un discours particulièrement offensif prononcé à la Chambre des communes par le secrétaire d'Affaires étrangères britannique, David Miliband, Londres a annoncé de nouvelles mesures strictes ciblant la Cisjordanie. Miliband a condamné la politique de colonisation israélienne et dévoilé une interdiction d'importation des produits issus des implantations, ainsi qu'un nouveau régime de sanctions visant les entreprises et les particuliers fournissant des services de construction, d'infrastructure et de financement.
Pour le secteur financier israélien, le mot le plus inquiétant est « financement ». Si une banque israélienne accorde un prêt hypothécaire au-delà de la Ligne verte ou finance une entreprise active dans ces zones, elle risque d'être englobée par les sanctions internationales. Des sources bancaires de premier plan préviennent que cet effet domino pourrait perturber les correspondants bancaires à l'étranger et paralyser les virements internationaux.
« Nous sommes dans une situation économique très volatile », confie un haut responsable bancaire à Walla. « Cet effet boule de neige est dangereux. Si la Grande-Bretagne coupe les ponts avec quiconque fait des affaires au-delà de la Ligne verte, le risque est que les sanctions touchent les banques et les titulaires de comptes.
La menace d'un isolement économique
Les experts avertissent qu'une fois les banques prises dans le cycle des sanctions, l'ensemble de l'économie israélienne pourrait en pâtir. Si de grandes banques européennes et américaines cessent les opérations de compensation, les flux d'importation et d'exportation gèleront, menaçant la productivité, le PIB et l'emploi.
« Une nation comme la nôtre, qui repose sur la production et les importations, fait face à un très grand danger », ajoute le responsable. « Notre situation géopolitique est fragile et de telles sanctions risquent de nous transformer en une économie autarcique incapable de commercer normalement. »
Une pente glissante
Les milieux financiers critiquent sévèrement la ligne dure du gouvernement, notamment le ministre des Finances Бецалель Смотрич, l'accusant de ne pas mesurer la gravité de la pente glissante sur laquelle s'engage l'État hébreu face à la pression internationale.





