Vous possédez une Chery ou une Jaecoo ? Ce qu'il faut savoir sur leurs liens avec le régime iranien
Une enquête de Yitzhak Lampert, s'appuyant sur des sources internationales dont Bloomberg, soulève des interrogations sur les activités du groupe automobile chinois Chery en Iran, alors que ses marques occupent une part importante du marché israélien. Le groupe opère en Israël via plusieurs marques, dont Chery, Jaecoo et Omoda.

Une enquête publiée par Yitzhak Lampert sur le réseau X, s'appuyant sur des articles et des études internationales, notamment de Bloomberg, soulève des questions concernant les activités du groupe automobile chinois Chery en Iran, alors que ses marques occupent une part importante du marché automobile israélien. Selon Lampert, le groupe opère en Israël via plusieurs marques commercialisées séparément, dont Chery, Jaecoo et Omoda.
Selon ses dires, certaines marques s'appuient sur des plateformes communes et permettent au groupe d'étendre ses activités via différents importateurs. Chery a été lancée en Israël en 2022 via Frisbee, tandis que Jaecoo est commercialisée depuis 2024 par Colmobil.
L'essentiel de l'enquête porte sur les activités de Chery en Iran. Lampert note que le constructeur chinois opère dans le pays depuis des années en coopération avec des entreprises iraniennes, et que les modèles identifiés en Israël comme étant des Chery et des Jaecoo sont produits et commercialisés en Iran sous d'autres noms.
Une publication de Tomer Hadar dans Calcalist a décrit un mécanisme appelé « voitures contre métaux » : dans ce cadre, l'Iran exporte du cuivre et du zinc vers la Chine et reçoit en échange des kits pour l'assemblage de voitures, principalement du groupe Chery. Selon la publication, les kits sont transférés en Iran et assemblés par une entreprise locale liée au groupe. Ce mécanisme permet à l'Iran de maintenir un commerce international malgré les sanctions occidentales.
Lampert souligne le décalage entre les activités en Iran et le succès des marques du groupe en Israël. Selon lui, Chery et ses dérivés ont atteint le sommet du classement des ventes locales, alors que le public israélien n'est pas nécessairement conscient de l'ensemble des liens commerciaux du constructeur.
L'enquête prétend également que des véhicules Chery Tiggo 8 ont été utilisés par Tsahal dans le cadre de contrats de leasing. Lampert a noté que l'armée a commencé à retirer ces voitures de la circulation, comme cela avait déjà été rapporté l'année dernière dans les médias israéliens.
Une autre partie de l'enquête est consacrée au risque possible posé par les véhicules intelligents à proximité d'installations de sécurité. Les voitures modernes sont équipées de caméras périphériques, d'une connectivité cellulaire et de systèmes permettant des mises à jour logicielles à distance. Lampert avertit que ces capacités exigent de la prudence, et en particulier d'éviter les conversations classifiées à l'intérieur des véhicules connectés.
Cependant, Lampert souligne que le simple fait de l'activité de Chery en Iran ne prouve pas que l'entreprise se livre à l'espionnage. Sa recommandation est de séparer le marché civil des organismes et des responsables liés au système de sécurité, et de réexaminer l'entrée des véhicules connectés dans les installations sensibles.
Aucune réponse n'a été reçue de la part de Colmobil.





