Vous passez 5 heures par jour sur les réseaux sociaux ? L'avertissement alarmant de l'expert
Une étude menée auprès d'un demi-million d'adolescents a révélé un lien inquiétant entre l'utilisation prolongée des réseaux sociaux et des symptômes dépressifs. Le professeur Gil Zalsman explique comment les écrans affectent le cerveau et ce que les parents peuvent faire pour protéger leurs enfants. « Le cerveau est un muscle, et si vous ne l'entraînez pas, il s'atrophie ».

Des données de recherche révélées dans le podcast « La biologie des émotions » de « All in » présentent le lourd tribut psychologique du temps d'écran, à une époque où de nombreux parents tentent de lutter contre l'utilisation quotidienne des smartphones par leurs enfants.
Le professeur Gil Zalsman, directeur du centre de santé mentale Geha et président du Conseil national pour la prévention du suicide, met en garde contre le point de bascule dangereux dans l'utilisation des réseaux sociaux. Ce chiffre alarmant est basé sur une étude massive menée aux États-Unis auprès d'environ un demi-million d'adolescents. Selon lui :
« Si vous atteignez cinq heures ou plus par jour sur les réseaux sociaux, la probabilité que vous présentiez des symptômes suicidaires et dépressifs est de 50 %. »
« Le cerveau est un muscle - il peut s'atrophier »
Zalsman explique que la raison de la détresse mentale croissante ne réside pas seulement dans la comparaison sociale sans fin avec un mode de vie étincelant et faux sur les réseaux, mais dans un changement physiologique profond dans la façon dont notre cerveau traite la communication humaine. Lorsque nous communiquons en deux dimensions ou par le biais de texte, nous perdons beaucoup d'informations vitales.
« Lorsque nous sommes assis l'un en face de l'autre, nous bénéficions des expressions faciales, du langage corporel et de la tonalité », explique le professeur Zalsman. « Alors qu'avec une utilisation prolongée des réseaux, les zones du cerveau responsables du décodage des visages et de l'identification des émotions commencent à s'atrophier. Le cerveau est un muscle, et si vous ne l'entraînez pas, il s'atrophie. »
Le mécanisme de la douleur mentale et l'importance de la question
Au cours de la conversation, le professeur Zalsman a souligné l'idée fausse concernant le mécanisme de la détresse mentale. Selon lui, la douleur mentale est si insupportable qu'une personne au bord du gouffre est fermée aux stimuli externes :
« Si vous lui dites qu'elle a des enfants et que sa famille l'aime, elle ne l'entend pas du tout. La douleur mentale est si insupportable qu'elle cherche simplement à mettre fin à la souffrance. »
Il a également abordé la peur des parents de poser des questions directes sur les pensées suicidaires, par crainte de « mettre des idées dans la tête », et a déclaré qu'il s'agissait d'une grave erreur. Le simple fait de poser la question ne comporte aucun risque ; au contraire, cela apporte un soulagement immédiat et peut sauver des vies. Lorsqu'une personne se confie, un énorme fardeau est levé car elle n'est plus seule dans sa détresse.
Que peuvent faire les parents ?
À la fin de ses remarques, le professeur Zalsman souligne que la solution n'est pas une déconnexion totale ou la confiscation des appareils, ce qui pourrait seulement accroître la rébellion à l'adolescence, mais une implication active et la création de limites flexibles.
Pour les enfants au collège, il recommande aux parents d'être présents dans l'espace numérique, d'expliquer les risques liés aux photos révélatrices ou aux commentaires offensants, et de maintenir un canal de communication ouvert. « Il faut frapper à la porte et être là. Leur permettre une séparation et une certaine rébellion, mais maintenir des limites qui ne sont pas faites de béton, mais de caoutchouc. »





