Croissance record des revenus aux États-Unis en 2025 mais persistance du pessimisme
Malgré une hausse record des revenus aux États-Unis en 2025, la majorité des Américains reste pessimiste face à la cherté de la vie, posant un défi politique majeur à l'administration.

L'économie américaine a enregistré une année solide en 2025, selon les données publiées par le Bureau du recensement des États-Unis. Le revenu médian réel des ménages a augmenté de 2,6 % sur un an pour atteindre 87 460 dollars, soit le niveau le plus élevé jamais enregistré depuis le début des relevés gouvernementaux en 1967. Parallèlement, le taux de pauvreté officiel a baissé d'un demi-point pour s'établir à 10,2 %.
Pour l'administration de Donald Trump, ces chiffres sont arrivés à point nommé. Ils ont été publiés au moment même où le secrétaire au Trésor Scott Bessent témoignait devant une commission de la Chambre des représentants sur l'état de l'économie.
Le fossé entre les indicateurs macroéconomiques et le moral du public
Malgré ces indicateurs macroéconomiques positifs, le sentiment général des citoyens reste profondément négatif. Un sondage Reuters/Ipsos indique que 74 % des Américains estiment que le coût de la vie évolue dans la mauvaise direction, tandis que 13 % seulement pensent le contraire.
Ce pessimisme ne se limite pas aux ménages modestes. Plus de la moitié (56 %) des foyers gagnant plus de 100 000 dollars par an déclarent que les prix de l'alimentation pèsent lourdement sur leur budget, un chiffre qui atteint 82 % pour les foyers gagnant moins de 50 000 dollars.
« Si un produit passe de 10 à 12 dollars et que l'inflation ralentit ensuite, le prix ne revient pas à 10 dollars. Il commence simplement à augmenter à un rythme plus lent », rappellent les analystes pour expliquer la persistance de la grogne sociale.
Enjeux monétaires et politiques
La guerre en Iran, la flambée des prix de l'énergie et le regain d'inflation sont venus alourdir l'équation économique. L'indice des prix à la consommation a progressé de 3,4 % en août sur un an, et le taux des prêts immobiliers à 30 ans a repassé la barre des 7 %.
Cette situation place le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, face à un choix délicat entre la lutte contre l'inflation et le soutien à la croissance.





