Une manœuvre rare sur le marché des changes : les États-Unis vendent des euros pour renforcer le yen japonais

Washington et Tokyo ont effectué leur première intervention conjointe sur le marché des changes depuis des années. La manœuvre a consisté à vendre des euros et à acheter des yens, une mesure inhabituelle destinée à soutenir la monnaie japonaise sans affaiblir le dollar.

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Une manœuvre rare sur le marché des changes : les États-Unis vendent des euros pour renforcer le yen japonais
Photo : ICE / יפן, ארצות הברית (צילום shutterstock)

Les États-Unis et le Japon ont effectué une manœuvre extrêmement inhabituelle sur le marché mondial des changes dans le cadre d'une tentative de freiner l'affaiblissement du yen japonais. L'intervention, considérée comme l'une des plus exceptionnelles observées ces dernières années, a impliqué une coopération directe entre les deux gouvernements et visait à stabiliser la monnaie japonaise, qui subissait des pressions importantes sur les marchés.

Selon un rapport de Reuters, le département du Trésor américain, par l'intermédiaire de la Réserve fédérale de New York, a choisi une méthode inhabituelle pour mener cette intervention. Au lieu de vendre des dollars et d'acheter des yens, comme c'est l'usage dans ce genre de cas, les États-Unis ont vendu des euros provenant de leurs réserves de change et ont utilisé ces fonds pour acheter des yens japonais. Il s'agit d'une manœuvre extrêmement rare, que les analystes ont qualifiée de presque sans précédent sur le marché des changes moderne.

Cette décision a surpris les investisseurs et les traders du monde entier, car elle diffère des modèles d'intervention acceptés par les banques centrales. Selon les estimations des analystes, il s'agit de l'utilisation d'un mécanisme d'action rappelant les programmes d'intervention des années quatre-vingt-dix, dont beaucoup sur le marché pensaient qu'ils n'étaient plus utilisés.

Derrière cette décision se cachait un dilemme économique complexe. D'une part, les États-Unis cherchaient à aider le Japon, l'un de leurs principaux alliés, à faire face à l'affaiblissement de sa monnaie locale. D'autre part, la vente de dollars aurait pu affaiblir la monnaie américaine, renchérir les importations aux États-Unis et accroître les pressions inflationnistes à une époque où la Réserve fédérale travaille toujours à freiner l'inflation. L'utilisation de l'euro a permis à Washington de soutenir le Japon sans créer de pression directe sur le taux de change du dollar.

Cette manœuvre avait également une signification plus large pour les marchés financiers. Si le Japon avait été contraint de continuer à soutenir le yen seul, il aurait pu vendre de grandes quantités d'obligations du gouvernement américain pour financer l'intervention. Une telle manœuvre aurait pu entraîner une hausse des rendements obligataires américains et affecter les coûts de financement et d'emprunt aux États-Unis. L'intervention conjointe a permis de réduire cette pression.

De plus, cette manœuvre a été perçue comme un signal géopolitique clair de la part de Washington, témoignant de son engagement envers la stabilité économique du Japon. Il s'agit également de la première intervention officielle des États-Unis et du Japon sur le marché des changes depuis 2011, date à laquelle les deux pays avaient agi à la suite du séisme et du tsunami au Japon.

L'intervention a provoqué une forte volatilité sur plusieurs paires de devises majeures, notamment le dollar contre le yen, l'euro contre le yen et l'euro contre le dollar, et a même contraint de nombreux investisseurs à clôturer rapidement des positions basées sur la poursuite de l'affaiblissement du yen. Les marchés estiment que cette manœuvre pourrait également affecter les opérations de « carry trade », dans lesquelles les investisseurs empruntent des yens à un taux d'intérêt bas et investissent l'argent dans des actifs à rendement plus élevé, ce qui pourrait accroître la volatilité sur les marchés financiers dans un avenir proche.

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