Comprendre l'addiction : au-delà du jugement et vers la guérison

Le rabbin Dan Tumkin analyse les racines psychologiques des addictions, appelant à remplacer le jugement par l'empathie pour mieux comprendre et guérir la souffrance intérieure.

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Comprendre l'addiction : au-delà du jugement et vers la guérison
Photo : צילום: Walla.co.il

Lorsqu'une personne fait face à une souffrance psychologique ou à une dépendance, des phrases bien intentionnées comme « reprends-toi en main » ou « tu es jeune, tout l'avenir est devant toi » passent souvent complètement à côté de la réalité. Selon le rabbin Dan Tumkin, aborder l'addiction exige de modifier notre perspective, troquant le jugement contre une profonde empathie pour se concentrer sur la douleur cachée sous la surface.

Dans le premier volet d'une nouvelle série consacrée aux addictions, le rabbin Tumkin soutient qu'il faut aller au-delà du comportement visible pour comprendre la souffrance sous-jacente. « Quand l'âme est brisée, toutes ces belles paroles ne peuvent être reçues », explique-t-il. « Il faut voir non seulement la façade et la fuite, mais aussi la douleur. »

Toute habitude n'est pas une addiction

Le rabbin Tumkin établit une distinction entre les habitudes ordinaires et l'état compulsif où le comportement commence à régir la vie d'une personne. Prenant son propre amour pour le café en exemple, il note que s'il lui est difficile de s'en passer le matin, il reste capable de s'en abstenir si les circonstances l'exigent, prouvant que l'habitude demeure sous son contrôle.

Il cite un principe similaire enseigné par le rabbin Eitan Eckstein, fondateur de Retorno : on peut adorer la glace, mais s'il s'agit d'un repas carné, qu'elle n'est pas casher ou que l'on est à Yom Kippour, on parvient à y renoncer. La véritable rupture survient lorsque le comportement ne vise plus seulement à procurer du plaisir, mais devient un moyen d'anesthésier une souffrance.

« Ce n'est pas seulement un mauvais penchant »

Selon le rabbin Tumkin, l'addiction relève rarement de la simple faiblesse, de la paresse ou d'un manque de volonté. Il décrit des individus confrontés à un « trou noir dans le cœur », aux prises avec des souvenirs douloureux, de la honte, de la culpabilité ou de la frustration. Pour eux, le comportement addictif fait office d'analgésique émotionnel.

« Ce n'est pas rationnel », affirme-t-il. « C'est une tentative désespérée d'obtenir un antidouleur pour apaiser une souffrance intense qu'une personne ordinaire ne peut généralement même pas concevoir. » Il souligne également que les addictions ne se limitent pas aux substances, mais englobent les jeux d'argent, le surmenage, les relations toxiques et l'usage compulsif des écrans.

Pourquoi la critique échoue et le rôle de l'entourage

Interpeller une personne en difficulté par des questions culpabilisantes s'avère inefficace. Ces messages de bon sens n'atteignent pas quelqu'un qui cherche avant tout un soulagement immédiat à une torture intérieure.

Le rabbin Tumkin insiste sur le fait que les parents, la famille et la communauté jouent un rôle déterminant. Loin de pouvoir se contenter d'envoyer un proche en cure pour le récupérer « réparé », l'entourage doit l'aider à retrouver une estime de soi. « Si nous regardons ces personnes avec de véritables yeux, si nous voyons leur douleur sans la minimiser, nous pourrons guérir un cœur brisé », conclut-il.

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