Les Nations du Royaume-Uni s'unissent pour Exiger des Référendums d'Indépendance
Les dirigeants de l'Écosse, du pays de Galles et de l'Irlande du Nord s'apprêtent à tenir un sommet historique à Cardiff pour exiger des référendums d'indépendance.
Pour la première fois dans l'histoire du Royaume-Uni, les dirigeants de ses trois nations constitutives - l'Écosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord - sont unis autour d'un objectif commun : l'indépendance. Lundi, les trois dirigeants devraient se réunir pour un sommet sans précédent à Cardiff, la capitale du pays de Galles, pour signer un protocole d'accord conjoint exigeant le droit d'organiser des référendums sur l'indépendance et, de fait, de démanteler le Royaume-Uni, comme le révèle le journal britannique The Telegraph.
Cette réunion extraordinaire intervient dans un contexte de pression croissante sur le Premier ministre britannique, Andy Burnham. Burnham, qui s'est fixé pour objectif de promouvoir la décentralisation du pouvoir au sein même de l'Angleterre, a laissé entendre cette semaine lors d'un débat parlementaire qu'il approuverait un nouveau référendum en Écosse s'il y avait un « large consensus » à ce sujet, à l'instar de la situation en Irlande du Nord.
Réactions Politiques et Tensions
Les propos de Burnham ont suscité une vive polémique. John Swinney, dirigeant du Parti national écossais (SNP) et Premier ministre de l'Écosse, a affirmé à la suite de ces déclarations que Burnham « se résigne à l'idée d'entrer dans l'histoire comme le dernier Premier ministre du Royaume-Uni ». Selon The Telegraph, l'entourage de Swinney affirme que Burnham « n'a pas lu le dossier » et ne comprend pas le fondement de la position du gouvernement britannique concernant l'union.
Le sommet de Cardiff symbolise un changement tectonique dans la politique britannique. La défaite du Labour aux élections galloises de mai dernier a conduit à l'ascension du parti indépendantiste Plaid Cymru, dirigé par le Premier ministre Ron ap Iorwerth. En Écosse, le SNP continue de gouverner malgré un certain affaiblissement, et en Irlande du Nord, le Sinn Fein, dirigé par la Première ministre Michelle O'Neill, devrait maintenir sa puissance lors des élections de l'année prochaine. O'Neill participera au sommet aux côtés de Mary Lou McDonald, présidente du Sinn Fein et chef de l'opposition au Parlement irlandais.
Domaines Clés de Coopération
Des sources impliquées dans le sommet ont indiqué au Telegraph que l'accord portera sur quatre grands domaines d'action : l'économie, l'énergie, l'Europe et la coopération internationale, ainsi que le droit à l'autodétermination. Les trois dirigeants devraient convenir que leurs nations doivent faire partie de l'Union européenne et s'opposer au modèle économique actuel de la Grande-Bretagne, qui, selon eux, ne sert pas ses citoyens. Le sommet se tient à peine deux jours après que le président américain Donald Trump est également intervenu sur la question, déclarant lors d'une visite à Dublin qu'il serait « heureux » de voir une Irlande unie et que ce serait « une chose formidable ».
De son côté, Burnham a adressé jeudi une lettre ferme à Swinney, précisant qu'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse est « hors de question » avant les prochaines élections générales, soulignant que cela « détournerait notre attention de la croissance économique et de l'aide aux familles face au coût de la vie ». Cependant, la dynamique en faveur d'un changement constitutionnel profond au Royaume-Uni, comme le soutient Swinney, « est indéniable ».


