La Turquie durcit sa répression contre les organisations LGBTQ+ et les réseaux

La Turquie intensifie sa répression contre les groupes LGBTQ+ avec le blocage de sites web et l'arrestation de militants lors de perquisitions nocturnes à Istanbul.

MaarivAuteur : Eli Leon
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La Turquie durcit sa répression contre les organisations LGBTQ+ et les réseaux
Photo : Maariv / רג'פ טאיפ ארדואן | צילום: רויטרס

Les autorités turques ont intensifié ce week-end leur répression contre les organisations LGBTQ+, les militants et les groupes de la société civile après qu'un tribunal d'Istanbul a ordonné le blocage de nombreux sites Internet et comptes de réseaux sociaux. Parallèlement, la police a mené des raids nocturnes dans des bureaux d'ONG, des domiciles privés et des établissements d'Istanbul, procédant à l'arrestation de plus d'une dizaine de militants.

Selon des informations publiées en Turquie, le 7e tribunal pénal de paix d'Istanbul a ordonné le blocage des sites internet de Kaos GL, une organisation LGBTQ+ historique et de premier plan dans le pays, ainsi que d'autres groupes tels que 17 Mayıs, ÜniKuir, Pembe Hayat, SPoD, Genç LGBTİ+, Lambdaistanbul et Muamma LGBTİ+. La décision cible également des comptes de militants, de journalistes, d'organisations de femmes et de collectifs étudiants. Plusieurs comptes X ont déjà été rendus inaccessibles depuis la Turquie, tandis que certaines restrictions sur Instagram n'ont pas encore été appliquées.

Au même moment, la police a perquisitionné les bureaux de Kaos GL ainsi que les domiciles de membres de sa direction. D'après les médias locaux, plus d'une dizaine de militants ont été interpellés dans le cadre d'une enquête ouverte pour suspicion de « diffusion d'obscénité » et violations de la loi sur les associations. Les avocats de la défense n'ont pas encore communiqué de détails complets sur les éléments saisis.

Perquisitions et restrictions croissantes

Des descentes ont également eu lieu simultanément dans plusieurs quartiers d'Istanbul, notamment à Beyoğlu et Şişli. Les forces de police et de gendarmerie ont fouillé des boîtes de nuit, des salons de massage et des commerces autour de Taksim, Cihangir et de la rue Istiklal. D'après les rapports, certaines de ces opérations seraient liées à la même affaire judiciaire.

Ces mesures s'inscrivent dans la continuité de restrictions de plus en plus sévères imposées aux organisations LGBTQ+ en Turquie. Durant l'été, plus d'une centaine de comptes tenus par des associations, des militants et des journalistes ont été bloqués, et des tribunaux ont également ordonné la fermeture d'applications de rencontres et de sites communautaires. En juillet, au moins 93 comptes et pages de groupes LGBTQ+, de plateformes, de collectifs féministes et de médias avaient fait l'objet de restrictions dans le cadre d'une autre procédure. La marche des fiertés d'Istanbul est interdite presque chaque année depuis 2015, bien que l'homosexualité ne constitue pas un délit pénal en Turquie.

Réactions et inquiétudes internationales

Les organisations de défense des droits humains affirment qu'il s'agit d'une démarche systématique visant à restreindre la visibilité des personnes LGBTQ+ dans les espaces publics et numériques. Les autorités justifient quant à elles certaines de ces interdictions par la nécessité de préserver « la sécurité nationale et l'ordre public ». Bien que la Cour constitutionnelle turque ait par le passé jugé inconstitutionnels certains pouvoirs de surveillance en ligne exercés par la police, les défenseurs de la liberté d'expression soulignent que ces dispositifs continuent de servir de fondement aux ordonnances de blocage. Cette escalade devrait susciter de vives critiques de la part des instances internationales.

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