Royaume-Uni : le gouvernement assouplit sa réforme de l'immigration sous la pression
La ministre britannique de l'Intérieur, Shabana Mahmood, a assoupli sa réforme de l'immigration, garantissant un accès rapide à la résidence permanente pour des centaines de milliers de travailleurs étrangers face à la fronde des travaillistes.

Le gouvernement britannique a revu à la baisse les aspects les plus stricts de sa réforme de l'immigration, cédant face à une fronde au sein du Parti travailliste et des syndicats. La ministre de l'Intérieur, Shabana Mahmood, a annoncé d'importantes concessions, revenant sur son projet initial qui prévoyait d'allonger considérablement les délais d'obtention de la résidence permanente pour des millions d'étrangers.
Un recul significatif sur les délais
Selon la politique amendée, environ 300 000 travailleurs du secteur des soins et de la santé seront exemptés des nouvelles restrictions qui devaient initialement leur imposer des années d'attente supplémentaires. Au lieu d'un délai de 15 ans, près de 282 000 employés — soit les trois quarts du groupe concerné — pourront continuer à prétendre au statut de résident permanent après cinq années de séjour, comme c'était le cas auparavant.
Sur les 1,9 million de ressortissants étrangers initialement concernés par un durcissement des règles d'ici 2030, un demi-million seulement se verra finalement imposer une période d'attente prolongée. Les assouplissements bénéficient également à d'autres agents du secteur public, tels que les assistants pédagogiques et le personnel de soutien, qui pourront obtenir une résidence permanente après cinq à dix ans.
Critiques acerbes de l'opposition
Ce revirement fait suite à des mois de pressions intenses exercées par une centaine de députés travaillistes et des syndicats majeurs. Plusieurs ministres, dont la ministre du Logement Angela Rayner, avaient ouvertement contesté le projet initial, le jugeant incompatible avec les valeurs sociales britanniques.
L'opposition conservatrice a vivement dénoncé ce recul. Le responsable de l'Intérieur au sein du cabinet fantôme, Chris Philp, a accusé le gouvernement de céder à l'aile gauche de sa formation politique, affirmant que ces exemptions coûteraient des milliards de livres sterling aux contribuables en prestations sociales. La cheffe des Tories, Kemi Badenoch, a estimé que la ministre avait subi un camouflet politique majeur.





