Le coût économique de l'inhospitalité : quand le tourisme dépasse les simples revenus

Une étude met en lumière les destinations perçues comme froides par les touristes, telles Paris ou l'Italie. Malgré la fatigue locale, le tourisme reste crucial pour l'économie.

N12Auteur : מירב ארד
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Le coût économique de l'inhospitalité : quand le tourisme dépasse les simples revenus
Photo : N12 / פריז, אילוסטרציה | צילום: 123RF‏

Un hôtel luxueux, un vol abordable et un bon restaurant peuvent transformer une ville en destination prisée, mais les vacances comportent un élément plus difficile à mesurer : le sentiment d'être le bienvenu. Dans un monde où une mauvaise expérience dans un restaurant, un taxi ou un commerce peut atteindre des millions de personnes sur les réseaux sociaux en quelques heures, l'accueil réservé aux touristes possède une véritable valeur économique.

Une nouvelle publication, basée sur les expériences de voyageurs et les analyses de Jo Hayes, experte internationale en étiquette et fondatrice d'EtiquetteExpert.org, pointe du doigt une série de destinations où les touristes ont signalé des interactions perçues comme froides, impatientes ou peu accueillantes. Parmi les noms récurrents figurent Paris, l'Italie, l'Allemagne, la Corée du Sud, New York et le Monténégro, aux côtés de la Pologne, de la République tchèque et de la Hongrie.

Paris : Commencer par un bonjour

Paris constitue l'un des exemples les plus marquants. Selon Mme Hayes, la langue représente une source fréquente de friction. Un voyageur arrivant dans la capitale et s'adressant immédiatement en anglais s'expose à une réponse perçue comme froide ou impatiente. Une simple salutation en français avant de passer à l'anglais peut modifier radicalement la nature de l'échange.

L'experte distingue toutefois Paris du reste de la France, signalant avoir reçu un accueil beaucoup plus chaleureux dans d'autres régions du pays. Il est donc difficile de généraliser l'expérience d'une seule ville à l'ensemble du territoire. Le paradoxe réside dans le fait que la France a grand besoin de ces touristes. Le pays a accueilli 102 millions de visiteurs internationaux en 2025, après environ 100 millions en 2024. Les recettes du tourisme international ont atteint 71,1 milliards d'euros en 2024, et le secteur pourvoit environ 1,5 million d'emplois directs.

Italie : Quand le succès devient un problème

En Italie, les voyageurs ont signalé de l'impatience et l'impression que les résidents locaux sont parfois saturés par l'afflux de visiteurs. Il devient difficile de dissocier les questions de politesse du phénomène de surtourisme. L'Italie a accueilli 57,7 millions de touristes internationaux en 2024, et selon les données de l'OCDE, les entrées ont progressé de 6,3 % supplémentaires en 2025. Le tourisme emploie environ 2,1 millions de personnes, soit près de 8,5 % de l'emploi national.

Cependant, les revenus ne sont pas répartis de manière égale, la congestion se concentrant inlassablement sur les mêmes pôles : Venise, Rome, Florence, le lac de Côme et les littoraux prisés. Davantage de visiteurs signifient certes davantage de revenus pour l'hôtellerie et la restauration, mais aussi une sursaturation des transports et une hausse de la demande de logements de vacances. Le gouvernement tente de disperser les flux vers des destinations moins connues pour soulager la pression.

Allemagne : Un service direct sans bavardage

En Allemagne, le fossé est avant tout culturel. Certains voyageurs décrivent des réponses laconiques, un service pureté et pragmatisme, et l'absence de l'enthousiasme expansif souvent associé au service client américain. La culture allemande accorde toutefois moins d'importance au bavardage mondain et à l'amrivisme extraverti.

Malgré cela, les touristes continuent d'affluer. L'Allemagne a enregistré un record de 497,5 millions de nuitées hôtelières en 2025, soit une hausse de 0,3 % par rapport au précédent record de 2024, dont environ 83,8 millions de nuitées étrangères. L'image de marque de la rigueur allemande ne décourage donc nullement les visiteurs.

Corée du Sud : Plus de touristes, plus de frictions

En Corée du Sud, certains visiteurs ont fait état de bousculades dans les transports publics, d'un espace personnel restreint et d'un personnel de service peu enclin à expliquer les règles en détail. D'autres rapportent une expérience totalement inverse, louant la serviabilité extraordinaire des habitants.

Les chiffres témoignent d'une croissance spectaculaire : la Corée du Sud a accueilli 10,71 millions de touristes étrangers au premier semestre 2026, et près de 2 millions rien qu'en juin, soit une augmentation de 23,1 %. En 2025, le pays a attiré 18,94 millions de visiteurs étrangers, qui ont dépensé en moyenne 177,80 dollars par jour pour un séjour moyen de 6,5 jours.

Monténégro : Lorsque le tourisme constitue le modèle économique

Le Monténégro offre un exemple encore plus extrême. Certains voyageurs décrivent un accueil distant et l'impression d'être perçus principalement comme une source de revenus. Pourtant, rares sont les pays qui peuvent se permettre de perdre des touristes.

En 2025, le pays a enregistré 2,73 millions d'arrivées et 15,37 millions de nuitées, dont 95,8 % émanant de l'étranger. Les recettes touristiques ont atteint 1,5 milliard d'euros en 2024, représentant 54,6 % des exportations de services et environ 30 % du PIB.

Le multiplicateur économique d'un sourire

Selon le rapport de l'OCDE sur les tendances et politiques du tourisme 2026, les arrivées internationales dans les pays membres ont atteint le record de 847 millions en 2025. Un hôtel peut se rénover et un aéroport s'agrandir, mais restaurer la réputation d'une ville perçue comme inhospitalière s'avère bien plus complexe.

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