Agression d'étudiants juifs à Strasbourg : la justice rejette le mobile antisémite
Un tribunal français a condamné une femme pour une agression d'étudiants juifs à Strasbourg en 2024, mais a rejeté le mobile antisémite, suscitant de vives critiques.

Plus de deux ans après l'agression de trois étudiants juifs sur le campus de l'Université de Strasbourg, un tribunal a condamné cette semaine l'une des participantes, sans toutefois retenir le mobile antisémite.
L'agression sur le campus de l'Esplanade
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 28 janvier 2024 sur le campus de l'Esplanade. Arthur et ses sœurs jumelles, Haya et Shterna, ont effacé des tags hostiles, inscrit « Non à l'antisémitisme » et affiché des messages pour la libération des otages retenus par le Hamas.
Une confrontation a éclaté avec Malak M. Selon les témoignages, après qu'une étudiante l'a prise en photo, Malak a exigé la suppression de la vidéo et a contacté des individus. Peu après, quatre hommes masqués sont arrivés sur les lieux.
Arthur a été jeté à terre et roué de coups, tandis que Haya a déclaré avoir été frappée. Les victimes ont rapporté avoir été insultées de « sionistes fascistes ». Les quatre hommes soupçonnés d'avoir mené l'agression physique n'ont pas été identifiés.
Décision du tribunal : le mobile antisémite rejeté
En raison de la complexité du dossier, l'affaire a été confiée à une formation collégiale. La question centrale était de savoir s'il fallait qualifier l'agression d'acte antisémite.
L'enquête avait initialement exploré cette piste avant de l'abandonner. Le procureur Guillaume Spindler a estimé que les faits relevaient d'un différend politique lié au conflit israélo-palestinien, une position validée par le tribunal. Malak M. a été reconnue coupable de complicité de violences.
Cette décision a suscité l'indignation de l'UEJF, du CRIF et de l'Association juive européenne, qui ont dénoncé le refus de reconnaître le caractère antisémite des insultes proférées.
Divergences avec l'université
La position judiciaire contraste avec la réaction de l'Université de Strasbourg en temps réel. Le professeur Michel Deneken, alors président de l'université, avait qualifié l'événement « d'attaque antisémite ».
Plus de deux ans après, le décalage entre la qualification initiale de l'université et le jugement rendu alimente de vives critiques.





