La Corée du Sud refuse d'envoyer des troupes pour la guerre en Iran
Le président sud-coréen Lee Jae-myung a rejeté la demande de Donald Trump d'envoyer des troupes dans la guerre contre l'Iran, invoquant l'opposition publique et la défense des intérêts économiques nationaux.

Le président sud-coréen Lee Jae-myung a rejeté la pression exercée par l'administration du président américain Donald Trump, déclarant que son pays n'enverra pas de troupes ni de moyens militaires pour participer à une guerre menée par les États-Unis contre l'Iran. Ces déclarations fermes font suite aux critiques publiques de Trump, qui a reproché à Séoul de refuser de contribuer à la sécurité du détroit d'Hormuz malgré la présence de milliers de soldats américains en Corée.
« Il n'y aura pas de déploiement de forces ni de transfert de moyens militaires pour participer ou intervenir dans cette guerre », a déclaré Lee lors d'une conférence de presse, selon un rapport du New York Times.
Mesures alternatives et protection économique
Plutôt que de participer aux combats, le gouvernement sud-coréen envisage d'élargir le champ d'action d'un destroyer et de navires de soutien actuellement stationnés au large de la Somalie dans le cadre d'une mission anti-piraterie. Lee a souligné que même si ces navires se déplacent vers la mer Rouge ou le détroit d'Hormuz, leur unique mission sera de protéger les pétroliers et les navires commerciaux sud-coréens.
Il a affirmé que ces forces ne participeraient à aucune action pouvant être interprétée comme une aide à la guerre en Iran. Cette distinction vise à permettre à Séoul de protéger ses intérêts économiques et énergétiques dans la région sans s'engager militairement aux côtés des États-Unis.
Risques politiques et opposition intérieure
Malgré l'alliance entre Washington et Séoul, céder à la demande de Trump comporte de lourds risques politiques pour Lee. La dernière fois que la Corée du Sud a envoyé des troupes dans le cadre d'une campagne dirigée par les États-Unis, lors de la guerre en Irak, le gouvernement progressiste de l'époque avait fait face à de vives critiques publiques.
L'opinion publique s'oppose fermement à toute implication militaire. Selon un sondage réalisé ce mois-ci, 55 % des personnes interrogées se sont opposées à l'envoi de troupes pour la guerre en Iran, contre 32 % qui y étaient favorables. Lee fait face à une cote de popularité en baisse à 37 %, ainsi qu'à des difficultés économiques intérieures.
Négociations économiques et accords tarifaires
Lee a également abordé les négociations avec Washington concernant la mise en œuvre d'un accord économique global annoncé en novembre. En vertu de ces ententes, Trump a réduit les droits de douane sur les principales exportations sud-coréennes, notamment les automobiles, de 25 % à 15 %, et s'est engagé à soutenir Séoul dans le développement de sous-marins à propulsion nucléaire. En échange, la Corée du Sud s'est engagée à investir 350 milliards de dollars aux États-Unis.
Cependant, les discussions sur la mise en œuvre de l'accord connaissent des blocages en raison de désaccords sur les détails. Lee a indiqué que les pays étaient proches d'un accord concernant les objectifs de la première vague d'investissements, tout en précisant avoir rejeté une proposition qui lui avait été soumise.





