Le parquet réclame une peine plus lourde pour le criminel sexuel Uri Alfi
Le parquet de l'État a fait appel devant la Cour suprême pour alourdir la peine de 17 ans de prison d'Uri Alfi, condamné pour avoir incité des pères à abuser de leurs enfants.
Le parquet de l'État a déposé un recours auprès de la Cour suprême contre la peine d'Uri Alfi, condamné pour une longue série d'infractions sexuelles graves commises sur Internet. Alfi avait notamment incité des pères à abuser sexuellement de leurs propres enfants et à filmer ces actes. Le parquet réclame une lourde aggravation de sa peine de 17 ans de prison. L'appel a été formulé suite à la décision de la procureure générale adjointe pour les affaires pénales, Me Efrat Greenboim.
L'accusé a avoué et a été condamné dans le cadre d'un accord de plaider-coupable. Pendant près d'un an, il a contacté des dizaines d'hommes via des comptes fictifs, se faisant passer pour une femme à l'aide d'outils technologiques sophistiqués. Il a ainsi mené des conversations à caractère sexuel, gagné leur confiance et les a poussés à commettre des actes sexuels et à lui en envoyer les enregistrements.
Manipulation de pères de famille
Dans certains cas, Alfi s'est adressé à des pères de jeunes enfants et les a convaincus d'abuser gravement de leurs enfants, parfois en direct par appel vidéo sous ses instructions. Dans d'autres cas, il a tenté de contraindre des pères à commettre des agressions sexuelles graves sur leurs enfants et a même fait chanter l'un d'eux sous la menace pour qu'il poursuive ses agissements. Alfi a été reconnu coupable de 11 chefs d'accusation pour de nombreuses infractions, dont l'incitation et la tentative d'incitation au viol, attentat à la pudeur, extorsion sous la menace, détention de matériel pédopornographique et utilisation de mineurs à des fins de productions obscènes.
Le tribunal de district du Centre avait condamné Alfi à 17 ans de prison ferme, des peines avec sursis et 200 000 shekels de dommages-intérêts à répartir entre les dix victimes.
Un verdict jugé trop clément par le parquet
Dans l'appel déposé par Me Adar Erez du département pénal du parquet de l'État, l'accusation soutient que bien qu'il s'agisse d'une peine d'emprisonnement significative, elle ne correspond pas à la gravité extrême et au caractère exceptionnel des actes, au nombre de victimes, à la sophistication des méthodes et à la dangerosité sexuelle élevée d'Alfi.
Le parquet souligne notamment :
« Le tribunal a accordé une confusion de peines trop large entre les différents chefs d'accusation, alors que chacun concernait des victimes distinctes et s'est produit séparément. Ainsi, la justice n'a pas exprimé de manière adéquate la gravité de chaque acte et l'atteinte portée à chaque victime. »
Le parquet affirme également qu'il n'y avait pas lieu de situer la peine d'Alfi au bas de l'échelle pénale en accordant un poids excessif à sa situation personnelle et à un potentiel de réhabilitation basé sur une expertise privée de la défense. L'accusé avait en effet refusé de se soumettre à une évaluation des services de probation, et sa dangerosité sexuelle élevée est avérée. Selon l'accusation, la nature sans précédent de ces crimes exige une sanction exemplaire pour protéger le public et assurer une réelle dissuasion.





