Smotrich - Le Néguev n'est pas un enfant bâtard de l'État d'Israël | Dr Esther Luzzatto

Le ministre des Finances continue de tenter de torpiller la décision du Premier ministre de créer un tramway à Beer-Sheva. Netanyahou doit comprendre que ce sabotage n'est pas seulement un mépris pour les décisions du gouvernement, mais aussi un coup direct porté à l'électorat du Likoud.

MaarivAuteur : Dr Esther Luzzatto
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Smotrich - Le Néguev n'est pas un enfant bâtard de l'État d'Israël | Dr Esther Luzzatto
Photo : Maariv / הרכבת הקלה | צילום: אבשלום ששוני

Le projet de transfert de Tsahal vers le Néguev, annoncé dès 2003 sous le gouvernement Sharon, reposait sur trois piliers : la Cité des bases d'entraînement (Ir HaBahadim), le Campus des transmissions et le Campus du renseignement. C'est précisément autour du Campus du renseignement — le projet le plus significatif — qu'une lutte acharnée a été menée. Les habitants du Néguev, menés par l'association « Israël pour le Néguev », ont dû aller jusqu'à la Cour suprême pour empêcher le torpillage du transfert, qui se heurtait à l'opposition de l'ancien chef d'état-major Aviv Kochavi et du haut commandement de la Direction du renseignement.

Une fois le projet lancé, la question de l'accessibilité aux transports s'est posée. Les organismes de planification recommandaient un tramway depuis Beer-Sheva, tandis que le ministre des Finances insistait sur des bus à haut niveau de service (BHNS).

En mai dernier, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a ordonné de faire avancer le projet de tramway, déterminant que la première ligne relierait directement la ville au nouveau Campus du renseignement. Cette décision a été prise après un examen approfondi par une équipe professionnelle qui a rejeté l'alternative du ministère des Finances.

Nétanyahou a agi avec justesse, conscient de l'importance de ce projet national pour le développement économique et technologique du Néguev. Il a compris la nécessité d'un transport moderne permettant aux militaires d'arriver au campus prêts pour leur journée de travail.

Cependant, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a décidé de bloquer le budget et de torpiller la démarche par des manœuvres bureaucratiques.

Mépris flagrant des décisions du gouvernement

Il ne s'agit pas d'un simple différend professionnel, mais d'une non-exécution d'une décision du Premier ministre et d'un mépris pour l'institution gouvernementale. Cela ignore également les décisions gouvernementales n° 625 et n° 3474 relatives au développement du Néguev. Lorsqu'un ministre utilise son autorité pour contrecarrer une politique décidée au sommet, il met en danger la bonne gouvernance.

La décision n° 3474 est particulièrement pertinente, car elle définit le plan stratégique 2025–2027 visant à renforcer Beer-Sheva en tant que métropole. Le cœur de ce plan est la révolution des transports en commun, avec la création d'un réseau de tramway. La clause 51 alloue 200 millions de shekels à la planification du projet.

Une équipe interministérielle a recommandé le tramway plutôt que les bus, avertissant que le déclassement du projet nuirait à la continuité des transports et mettrait en péril la vision de transformer Beer-Sheva en un centre urbain leader.


Non pas un fardeau budgétaire, mais un investissement dans un moteur de croissance

Au ministère des Finances, on prétend souvent que c'est « trop cher ». Cependant, considérer un projet d'infrastructure national comme un fardeau plutôt que comme un investissement est fondamentalement erroné. De tels projets génèrent une valeur à long terme. Le ministre des Finances préfère ignorer les dommages collatéraux des embouteillages et des pertes de journées de travail pour des économies à court terme.

De plus, ce sabotage budgétaire nuit directement au calendrier du projet et nécessite une replanification coûteuse.

Discrimination contre les habitants du Néguev

Ce qui est exaspérant, c'est le deux poids deux mesures budgétaire. Alors que Smotrich se bat pour empêcher chaque shekel d'aller au tramway dans le Néguev, il trouve des sources généreuses pour des objectifs politiques en Judée et Samarie. Lorsqu'il s'agit de ses priorités sectorielles, l'argent est trouvé rapidement. Mais pour une artère de transport critique reliant Tsahal et le Néguev à l'avenir du pays, le robinet est fermé. C'est un choix politique conscient.

Premier ministre, tenez bon

Dans une démocratie digne de ce nom, le gouvernement fixe l'agenda national. Le ministre des Finances ne détient pas de droit de veto sur les décisions stratégiques de l'État. Benyamin Nétanyahou comprend l'importance du Néguev et ne doit pas permettre au ministre des Finances d'éroder ses décisions.

Maintenant, en période électorale, Nétanyahou doit repousser le sabotage de Smotrich. L'enjeu est la gouvernabilité de l'échelon politique et la confiance de l'électorat fidèle du Likoud à Beer-Sheva. Le Premier ministre doit exiger la libération immédiate des fonds. S'il tient bon, il réalisera la vision de David Ben Gourion : « Le Néguev est un atout sioniste et il n'a pas de substitut ».

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