Mexique : Sheinbaum tance ses chefs de la sécurité face aux pressions de Washington
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a tancé ses chefs de la sécurité face à la pression de Washington concernant des comptes liés au cartel de Sinaloa, illustrant des tensions croissantes avec l'administration Trump.
Claudia Sheinbaum tance ses responsables de la sécurité face à la pression américaine
La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a vertement réprimandé ses hauts responsables de la sécurité et du renseignement au sujet d'un plan visant à geler les comptes bancaires d'anciens fonctionnaires mexicains liés au cartel de Sinaloa. Selon un rapport du Wall Street Journal, cette colère est intervenue alors que le département du Trésor américain s'apprêtait à imposer des sanctions contre ces individus accusés d'avoir perçu des pots-de-vin pour protéger les activités de contrebande du cartel.
Sheinbaum a estimé que ses services de sécurité étaient allés trop loin dans leur coopération étroite avec les autorités américaines. Elle a exprimé de vives critiques envers le ministre de la Sécurité, Omar García Harfuch, affirmant que ces démarches visaient à déstabiliser son gouvernement. Malgré son opposition initiale, elle a finalement accepté le gel des comptes afin d'éviter une crise diplomatique majeure avec Washington.
Tensions croissantes avec l'administration Trump
Cet incident illustre le ton ferme adopté par Claudia Sheinbaum face aux exigences de Washington en matière de lutte antidrogue, sur fond de pressions accrues de l'administration de Donald Trump. Lors de rassemblements publics, la présidente a fustigé la demande insatiable de stupéfiants aux États-Unis tout en défendant la souveraineté mexicaine.
« Soyons clairs, a déclaré Sheinbaum lors d'un meeting. D'abord ils s'en prennent à certains, puis à d'autres, jusqu'à ce que le ministère de la Justice américain décide du résultat des élections au Mexique. »
Les récentes sanctions américaines ciblent 21 personnes liées au cartel de Sinaloa, notamment des fonctionnaires frontaliers à Tijuana et Mexicali. L'affaire touche de près Carlos Torres, ex-mari de la gouverneure de Baja California, Marina del Pilar Ávila, dont les visas ont été révoqués par le département d'État.
Résistance souveraine et refus d'extradition
Par ailleurs, Claudia Sheinbaum a contesté des sanctions antérieures contre des institutions financières mexicaines et continue de rejeter la demande d'extradition concernant Rubén Rocha, ancien gouverneur de Sinaloa visé par des accusations de corruption aux États-Unis.

