Trois enfants hospitalisés d'urgence à Sheba après avoir avalé des piles boutons
Trois enfants ont été hospitalisés d'urgence à l'hôpital Sheba après avoir avalé des piles boutons au lithium. Les médecins alertent sur la rapidité des brûlures chimiques et l'importance d'une prise en charge immédiate.

Ces dernières semaines, trois enfants ont été admis au centre médical pour enfants Safra de l'hôpital Sheba après avoir avalé des piles boutons au lithium. Ces objets se sont logés dans leur œsophage, provoquant de graves lésions internes. Les autorités hospitalières soulignent qu'une telle série de trois cas en si peu de temps est exceptionnelle et rappellent que dès qu'une pile se coince dans l'œsophage, des dégâts majeurs peuvent survenir en quelques minutes.
Graves complications chez un enfant de trois ans
L'un des trois enfants, âgé de 3 ans, est arrivé à l'hôpital alors que la pile avait déjà causé des dommages particulièrement graves : une perforation de l'œsophage s'était formée, créant une connexion anormale (fistule) avec les voies respiratoires.
Le docteur Ori Medger, spécialiste ORL à l'hôpital Sheba, explique la gravité de la situation :
« Il s'agissait de lésions extrêmement importantes. L'enfant a dû être hospitalisé pendant une longue période et a subi plusieurs interventions chirurgicales complexes pour reconstruire ses voies respiratoires et son œsophage. Pendant plusieurs semaines, il n'a pas pu s'alimenter par la bouche et respirait via une trachéotomie ».
Grâce à une prise en charge prolongée, l'état de l'enfant s'est amélioré. Il s'alimente désormais par la bouche, parle et respire sans assistance, bien qu'il reste sous surveillance médicale étroite.
« Heureusement, nous avons réussi à surmonter les obstacles dans ce cas précis, mais ce n'est pas toujours possible. Dans de rares cas, les lésions œsophagiennes peuvent toucher de gros vaisseaux sanguins dans le thorax ou le cou, provoquant des hémorragies mortelles. De plus, même après la phase aiguë, des cicatrices et des sténoses peuvent se développer, ce qui nécessite un suivi à long terme ».
Nouveaux cas d'urgence pédiatrique
Le cas le plus récent s'est produit en début de semaine, lorsqu'un garçon de 9 ans a été transporté à Sheba après avoir lui aussi avalé une pile au lithium. La pile a été retirée, et l'enfant a été placé sous sédation et ventilation artificielle.
« Heureusement, nous ne constatons pas de perforation pour le moment, mais cela ne signifie pas que le danger est écarté, précise le docteur Ori Medger. De telles complications peuvent apparaître plusieurs jours après l'incident, et des sténoses cicatricielles peuvent se développer plus tard. Pour nous, même trois jours après l'extraction, la situation reste critique ».
Le troisième cas concerne un nourrisson d'environ six mois qui a également dû subir une intervention chirurgicale d'urgence après avoir avalé une pile bouton.
Dans les trois cas, les piles ont été extraites par voie endoscopique sous anesthésie générale. Les médecins rappellent que plus la pile reste longtemps dans l'œsophage, plus le risque de séquelles graves augmente. En cas de suspicion d'ingestion, il ne faut pas attendre l'apparition des symptômes pour consulter.
Le mécanisme de la brûlure chimique
Le danger d'une pile bouton au lithium ne réside pas seulement dans l'obstruction mécanique de l'œsophage. En entrant en contact avec la muqueuse humide, la pile ferme un circuit électrique.
Ce processus déclenche une réaction électrochimique qui provoque de graves brûlures chimiques et une nécrose de la paroi œsophagienne. Les tissus peuvent être détruits en quelques heures, voire en quelques minutes, faisant du facteur temps un élément crucial.
Prévention et premiers secours
Le docteur Ori Medger insiste sur l'importance de la prévention :
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S'assurer que les compartiments à piles des jouets, télécommandes et balances sont solidement fermés, de préférence sécurisés par une vis.
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Privilégier les piles dotées de dispositifs de sécurité, comme un revêtement au goût amer pour dissuader les enfants de les mettre à la bouche, ou des technologies limitant les réactions chimiques au contact de la salive.
En cas de suspicion d'ingestion, une prise en charge médicale immédiate est indispensable. Pour les enfants de plus d'un an, l'administration de miel sur le chemin de l'hôpital peut aider à protéger la muqueuse œsophagienne selon plusieurs études. Toutefois, cela ne doit en aucun cas retarder le transport vers les urgences.





