Sans critères ni contrôle : le nombre d'organisations traitant le SSPT monte en flèche

Une anarchie de centaines d'organisations fournissant des soins aux victimes de stress post-traumatique s'est développée en Israël depuis le 7 octobre. Les experts alertent sur les risques graves liés à l'absence de normes professionnelles.

CalcalistAuteur : Shahar Ilan
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Sans critères ni contrôle : le nombre d'organisations traitant le SSPT monte en flèche
Photo : Calcalist / לוחמים פוסט־טראומטיים בחווה שיקומית. "זה שמישהו פסיכותרפיסטי לא אומר שהוא יכול לטפל בטראומה"

Une anarchie de centaines d'organisations fournissant des soins aux victimes de stress post-traumatique (SSPT) s'est développée en Israël au cours des trois années de guerre écoulées depuis le 7 octobre. Certaines de ces structures causent de graves dommages aux patients, que ce soit par le biais de traitements inadaptés ou par l'absence de suivi professionnel indispensable.

C'est ce qu'avertit le forum « Retour sur le chemin », qui regroupe plus de 50 organisations thérapeutiques et associations d'anciens combattants. Coordonné par l'association NATAL, le forum appelle les ministères gouvernementaux à formuler des critères uniformes pour déterminer qui est autorisé à diagnostiquer et à traiter le SSPT, ainsi que les méthodes thérapeutiques valides.

Une prolifération incontrôlée

Le taux de personnes souffrant de symptômes de SSPT en Israël a bondi de 16,2 % à 29,8 % depuis le début de la guerre. Selon des estimations prudentes, le nombre de personnes atteintes s'élève à 625 000. Une vérification effectuée par le forum dans le registre des associations du ministère de la Justice révèle que 215 nouvelles organisations à but non lucratif ont été enregistrées depuis 2023 pour aider les soldats et réservistes, mais seules 60 d'entre elles ont reçu un certificat de gestion appropriée.

« Depuis le début de la guerre, beaucoup d'argent a été versé dans le domaine du SSPT », déclare Ella Bukobza, directrice du forum. « Tous ceux qui avaient de la bonne volonté et quelques relations ont créé une association, et quiconque possède deux poules et un carré de menthe se qualifie de ferme thérapeutique ». Cette absence d'encadrement crée des risques majeurs en cas de crises ou de flashbacks chez les patients.

Les dangers des soins sans encadrement

Shaked Arieli, directrice de l'unité de développement personnel chez NATAL, explique que les ateliers intensifs sans suivi peuvent être préjudiciables. « Si un groupe de patients atteint un sommet émotionnel lors d'un stage puis est laissé à lui-même sans soutien, certains finiront avec des séquelles », prévient-elle.

Les experts soulignent également que la formation en psychologie classique ne suffit pas pour traiter un traumatisme de guerre. Une étude du Lobby des femmes indique d'ailleurs que le taux de violence physique et sexuelle a doublé au sein des couples dont l'un des membres a servi dans l'armée, atteignant 6 %.

Vers une régulation nécessaire

Le forum « Retour sur le chemin » propose d'établir des critères stricts pour définir les limites de compétence de chaque organisation, insistant sur le fait qu'aucune structure ne peut tout traiter seule. Ils préconisent un suivi systématique, une éthique organisationnelle rigoureuse et une protection stricte des données des patients.

Le ministère de la Santé a rappelé qu'il est responsable de l'octroi de licences aux professionnels, mais qu'il ne supervise pas les services privés hors du système public. Le département de réhabilitation du ministère de la Défense a, quant à lui, affirmé que tous les services proposés aux soldats blessés de Tsahal sont dûment réglementés et supervisés.

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