Un pharmacien de Sakhnin blessé par balle après avoir refusé de payer le racket

Awwad Zbidat, pharmacien à Sakhnin, a été blessé par balle par des hommes masqués dans son officine. Ce drame survient après son refus catégorique de verser 200 000 shekels de racket à des organisations criminelles.

Source
Un pharmacien de Sakhnin blessé par balle après avoir refusé de payer le racket
Photo : ICE / סחיטה-אילוסטרציה (צילום shutterstock)

Le phénomène de l'extorsion sous menace, communément appelé « protection », est devenu ces dernières années l'une des principales menaces criminelles pesant sur l'économie et la sécurité individuelle en Israël. Selon les estimations des forces de l'ordre et des services de renseignement, des centaines de commerçants, d'entrepreneurs et d'entreprises d'infrastructure sont contraints de verser chaque mois des sommes astronomiques à des organisations criminelles pour éviter des représailles physiques ou matérielles.

Le fléau est particulièrement dévastateur dans les régions périphériques — dans le sud et le nord du pays — et plus encore au sein des localités de la communauté arabe, où les réseaux criminels ont profité d'un vide d'autorité pour mettre en place des systèmes de collecte sophistiqués. Malgré les réformes législatives visant à durcir les pees, la majorité des cas d'extorsion ne sont pas signalés à la police par crainte de représailles.

Fusillade dans une pharmacie à Sakhnin

Hier soir, Awwad Zbidat, pharmacien et propriétaire de l'officine « Al-Pharmashani » à Sakhnin, a payé le prix fort pour sa résistance face aux criminels. Deux individus masqués ont fait irruption dans sa pharmacie et ont ouvert le feu à bout portant, sous les yeux de son épouse et de deux clients présents sur place.

Blessé de gravité moyenne, M. Zbidat s'est rendu par ses propres moyens au Centre médical de Galilée à Nahariya. Malgré ses blessures, il a tenté de repousser ses agresseurs en leur jetant des objets jusqu'à ce qu'ils prennent la fuite.

Un refus catégorique face aux menaces

Cette tentative de meurtre s'inscrit dans un contexte de harcèlement continu. Le mois dernier, la pharmacie avait déjà été la cible de tirs à deux reprises, plus de 50 impacts de balles ayant été relevés sur la devanture. Ces attaques faisaient suite au refus de M. Zbidat de céder au chantage de criminels qui exigeaient le versement d'une taxe de protection supérieure à 200 000 shekels.

Asphyxié par les menaces et la désertion de sa clientèle terrifiée, le commerce avait subi de lourdes pertes financières, contraignant le propriétaire à fermer temporairement ses portes. Dans un entretien accordé lors des précédents incidents, il avait déclaré avec fermeté :

« Je ne peux pas payer un seul shekel de taxe de protection. Je ne paierai de protection sous aucune forme, il ne faut jamais capituler face à ces gens-là. »

Colère de la population locale

À la suite de cette nouvelle agression, des dizaines d'habitants de Sakhnin se sont rassemblés devant la pharmacie pour exprimer leur colère face au fléau du racket et à l'impuissance des autorités. Cet événement s'ajoute à une vague de contestation d'envergure qui secoue la ville et l'ensemble de la communauté arabe depuis le début de l'année, marquée par des grèves de commerçants et des manifestations de masse réclamant une action ferme et systématique contre le crime organisé. La police a ouvert une enquête et a lancé des recherches pour retrouver les suspects.

Dans la même rubrique