Rami Levy appelé à témoigner au procès antitrust de la chaîne Victory
Le propriétaire de supermarchés Rami Levy doit témoigner ce mercredi dans le procès pour entente visant le PDG de Victory, Eyal Ravid. L'accusation cherche à éclairer les pratiques tarifaires du secteur.

Rami Levy, propriétaire de la chaîne de supermarchés éponyme, doit témoigner ce mercredi devant le tribunal de district de Lod en tant que témoin de l'accusation dans le procès pour entente anticoncurrentielle intenté contre Eyal Ravid, PDG de Victory, et la chaîne de distribution. Levy, qui ne figure pas parmi les accusés, avait été interrogé lors de l'enquête préliminaire avant que son dossier ne soit clos. L'accusation souhaite désormais recueillir son éclairage sur les pratiques du secteur et la politique tarifaire de son enseigne.
L'acte d'accusation a été déposé en février 2025, et l'audition des témoins a débuté en juin 2026. Selon l'Autorité de la concurrence, Ravid et Victory auraient tenté d'influer sur les prix du marché par le biais de déclarations publiques, d'accords présumés avec des chaînes concurrentes et de contacts avec des fournisseurs. Certains chefs d'inculpation soutiennent que Ravid aurait cherché à s'immiscer dans la fixation des prix de détail pratiqués par des concurrents pour des produits des marques Dr. Fisher, Schtavit et Beit HaShita.
Origines et enjeux du dossier
L'affaire trouve son origine dans la vague de hausses de prix de 2021. L'un des volets concerne les déclarations publiques de Ravid sur des hausses à venir, lesquelles auraient servi à envoyer des signaux aux autres acteurs du secteur. D'autres accusations portent sur des ententes présumées relatives aux promotions et aux marges bénéficiaires. L'acte d'accusation comportait initialement sept chefs, mais le tribunal a par la suite rejeté le septième, qui traitait du manquement présumé à des obligations de supervision.
Au cœur des pièces versées au dossier figurent des échanges électroniques concernant les produits Dr. Fisher. Selon l'acte d'accusation, après qu'un fournisseur eut demandé une revalorisation tarifaire, Ravid a avalisé la hausse chez Victory avant de contacter Eli Shany, un cadre dirigeant du fournisseur, au sujet des tarifs appliqués chez Rami Levy. Ravid a indiqué avoir déjà relevé ses prix, contrairement à son concurrent. Shany a répondu que d'autres enseignes s'apprêtaient à faire de même. Pour l'accusation, ces échanges traduisent une tentative d'influencer les prix des concurrents par l'intermédiaire d'un tiers.
Distinction entre prix d'achat et prix de vente
L'affaire met en lumière une distinction fondamentale : le tarif pratiqué par le fournisseur constitue le coût d'acquisition pour le supermarché, tandis que le prix affiché en rayon est fixé de manière autonome par chaque enseigne. Si un fournisseur peut négocier ses tarifs avec un distributeur, la loi sur l'alimentation interdit formellement à un commerçant d'intervenir, par l'entremise d'un fournisseur, sur les prix de vente d'un concurrent.
Lors des audiences précédentes, Shany a témoigné que la hausse demandée par Dr. Fisher visait l'ensemble du marché, chaque enseigne restant libre de répercuter ou non cette hausse sur ses clients. Le tribunal devra trancher : s'agissait-il de négociations commerciales légitimes ou d'une tentative illicite de manipulation des prix ? Le procès se poursuivra après l'audition avec la présentation des preuves et l'interrogatoire des témoins.





