Ramat Gan gèle son projet de terminal pour préserver une découverte antique
Le site archéologique du stade d'Hiver à Ramat Gan fait l'objet d'un gel temporaire, les autorités étudiant des solutions pour préserver un complexe islamique ancien au lieu de l'enfouir.

Un tournant décisif se profile concernant le sort d'une découverte archéologique extraordinaire mise au jour sur le parking du stade d'Hiver à Ramat Gan. Alors que le projet initial prévoyait de recouvrir les antiquités pour y ériger un terminal de bus et un parc de stationnement, le site fait désormais l'objet d'un gel temporaire à des fins de planification, l'option d'intégrer les vestiges dans une place publique ou un parc archéologique étant à l'étude.
Ces derniers mois, le débat s'est intensifié autour de ce site, où des fouilles préliminaires menées par l'Autorité des antiquités d'Israël ont révélé un complexe commercial et industriel bien structuré datant d'environ 1 300 ans, rattaché à la période islamique précoce, entre le VIIe et le IXe siècle de notre ère.
Les découvertes comprennent un réseau de rues droites et sécantes, des systèmes de drainage, un four de potier ainsi qu'une douzaine de boutiques et d'entrepôts, accompagnés d'une abondance de pièces de monnaie, de lampes à huile et d'ustensiles en bronze et en fer. Des vestiges d'une occupation ultérieure datant du Xe siècle ont également été mis au jour, notamment des habitations et des fours à pain en argile, d'architecture taboun.
Le projet initial : ensevelir les vestiges
Les fouilles archéologiques ont été menées à titre de sauvetage préliminaire en prévision de la construction d'un terminal de bus et d'un vaste parking par la société Ayalon Highways. Selon les plans initiaux, les découvertes devaient faire l'objet d'un relevé exhaustif avant d'être à nouveau recouvertes de terre. Cette protection avait pour but de préserver les antiquités des intempéries et des dégradations tout en permettant le coulage de l'asphalte et la poursuite des travaux du terminal en surface.
Cependant, ce plan a suscité une vive opposition de la part de la municipalité de Ramat Gan. Le maire Carmel Shama Hacohen a adressé une lettre urgente à la ministre des Transports Miri Regev et au ministre du Patrimoine Amichai Eliyahu, exigeant un gel immédiat des travaux d'aménagement et un réexamen de l'implantation du terminal de bus.
Carmel Shama Hacohen a mis en garde contre l'enfouissement d'un ensemble historique complet sous des couches d'asphalte, qualifiant une telle mesure d'erreur irréversible et de drame pour les générations futures. Selon lui, des terrains alternatifs publics existent dans la région, permettant de dévier le terminal sans nuire aux besoins de transport ni recourir à des coûts d'expropriation.
La vision du maire et les critiques
Le maire a présenté un projet visant à transformer le site en un musée archéologique en plein air ouvert aux visiteurs, déclarant que la municipalité était disposée à participer de manière significative au financement du projet. Il a souligné que l'intérêt du public était déjà manifeste, des milliers de résidents s'étant inscrits en quelques minutes pour des visites pilotes.
« Recouvrir cet ensemble historique unique sous l'asphalte constituerait une erreur irréversible et un drame pour les générations futures », a averti le maire de Ramat Gan, Carmel Shama Hacohen.
En revanche, certaines voix ont critiqué la gestion du dossier par le maire, qualifiant son courrier public de coup médiatique. D'après ces sources, l'organisme habilité par la loi pour traiter des sites antiques et ordonner l'arrêt des chantiers est l'Autorité des antiquités, et les démarches auraient dû s'effectuer par les canaux réglementaires auprès des représentants de district et de la direction, plutôt que par le biais de lettres publiques aux ministres et de communiqués.
Interrogée par nos soins, l'Autorité des antiquités a indiqué que la décision finale relative à l'avenir du site incomberait aux organismes ayant financé les fouilles, à savoir la société Ayalon Highways et le ministère des Transports.
Vers de nouvelles alternatives de conservation
À la suite de ces interpellations, de la pression publique et de l'intervention ministérielle, une réévaluation est en cours pour tenter de dégager un compromis.
Des sources au ministère du Patrimoine ont indiqué que le ministre Amichai Eliyahu a ordonné à l'Autorité des antiquités de tenir une réunion de travail d'urgence avec les représentants de la municipalité de Ramat Gan et d'Ayalon Highways. L'objectif de cette rencontre est d'examiner des solutions permettant de concilier la préservation et la mise en valeur des découvertes archéologiques avec les impératifs de transport.
Les spécialistes ont reçu instruction d'analyser plusieurs variantes techniques. Parmi les pistes examinées figure l'option de laisser les antiquités à l'air libre pour les intégrer au sein d'une place urbaine ou d'un parc archéologique, sans pour autant annuler le projet d'infrastructure de la société Ayalon Highways. Une modification géométrique de la conception du terminal est également étudiée.
À l'heure actuelle, le site est placé en gel temporaire pour des impératifs de planification et de prise de décision, tandis que les différentes parties prenantes s'emploient à élaborer un compromis répondant aux besoins de circulation dans la région de Gush Dan tout en protégeant le patrimoine archéologique.





