Un tribunal de Tel-Aviv acquitte un Soudanais accusé d'attentat à la pudeur
Le tribunal de Tel-Aviv a acquitté un ressortissant soudanais accusé d'attentat à la pudeur à Ramat Gan. La juge Shlomit Ben-Yitzhak a estimé que, malgré la crédibilité de la plaignante, les preuves présentées ne permettaient pas de franchir le seuil d'une condamnation pénale.

Le tribunal de première instance de Tel-Aviv a acquitté un ressortissant soudanais accusé d'attentat à la pudeur sur une jeune femme de 23 ans à Ramat Gan, estimant que l'accusation n'avait pas réussi à prouver sa culpabilité au-delà de tout doute raisonnable. L'incident, survenu dans la rue Jabotinsky, avait déclenché une course-poursuite par la plaignante et sa mère, mais le tribunal a conclu que le contact physique pouvait être accidentel.
L'acte d'accusation et la poursuite
Selon l'acte d'accusation, la plaignante et sa mère marchaient dans la rue Jabotinsky à Ramat Gan lorsque le prévenu est passé à leur hauteur. L'accusation affirmait qu'en s'approchant de la jeune femme, il avait tendu la main qui tenait un téléphone portable, touché ses parties intimes, puis saisi sa poitrine à deux mains.
La plaignante a crié et le prévenu a pris la fuite. Aidées par deux passants à moto, la jeune femme et sa mère ont poursuivi l'homme jusqu'à une station-service voisine. Selon le témoignage de la plaignante, le prévenu s'est alors excusé en disant :
« Pardon maman, pardon ma fille, n'appelez pas la police. »
La défense et les explications alternatives
Représenté par l'avocat Ramzi Sakhis de la défense publique, le prévenu a nié tout geste à caractère sexuel. Il a affirmé que sa main, qui tenait son téléphone, avait accidentellement heurté la hanche ou le haut de la cuisse de la plaignante alors qu'il marchait en écoutant de la musique. Il a fermement nié avoir touché sa poitrine.
L'accusation a tenté de s'appuyer sur le comportement du prévenu après les faits : un sourire décrit par la victime, sa fuite et ses excuses. Cependant, le tribunal a estimé que ces éléments pouvaient s'expliquer autrement.
Concernant le sourire, la juge a souligné que le prévenu présentait cette même expression faciale tout au long du procès, un enquêteur ayant lui-même fait remarquer durant la confrontation qu'il s'agissait de sa physionomie naturelle. De plus, sa fuite et sa demande de ne pas impliquer la police pouvaient s'expliquer par la panique et son statut précaire en Israël.
Le seuil de preuve pénale non atteint
Dans son verdict, la juge Shlomit Ben-Yitzhak a relevé des faiblesses dans les preuves de l'accusation. La mère de la plaignante n'a pas vu le contact physique direct, et des évolutions mineures ont été constatées dans les déclarations de la victime sur la localisation exacte du contact.
Bien que la juge ait rejeté l'argument de la défense selon lequel la plaignante et sa mère mentaient, et ait salué la sincérité de la victime, elle a conclu que le doute raisonnable profitait à l'accusé.
La juge Shlomit Ben-Yitzhak a écrit :
« S'il s'agissait d'un procès civil, où le niveau de preuve requis est la simple balance des probabilités, il y aurait lieu de préférer la version de la plaignante. Mais en matière pénale, le seuil requis est bien plus élevé, et ce seuil de preuve n'a pas été franchi. »
Le prévenu a donc été officiellement acquitté.





