Racontez-moi des histoires : ce jour nous rappelle pourquoi nous lisons vraiment | Liora Minka
La Journée des amoureux des livres, célébrée aujourd'hui, nous invite simplement à nous arrêter un instant et à lire un livre avec plaisir. Non par devoir ou par idéologie, mais par passion. Alors allez-y, ouvrez n'importe quel livre que vous aimez et commencez à lire.
Le 9 août, connu dans le monde entier sous le nom de National Book Lovers Day, est l'un de ces jours culturels nés de la base. Il n'a pas été initié par l'UNESCO, ni par une association internationale de bibliothèques, ni par un quelconque organe éducatif ou politique. C'est un jour né de blogueurs, de librairies indépendantes, de groupes de lecture et de réseaux sociaux, par amour simple et intime pour la lecture. De ce fait, il représente un phénomène plus large : le passage de journées culturelles « officielles » ayant des objectifs éducatifs ou sociaux, à des journées créées de manière organique au sein des communautés.
Au cours des dernières décennies, le nombre de journées consacrées aux livres et à la lecture a augmenté : la Journée mondiale du livre de l'UNESCO le 23 avril, la Journée mondiale de la poésie le 21 mars, la Journée internationale du livre pour enfants le 2 avril, et bien d'autres. Chacune d'entre elles porte un programme clair : encourager la lecture, protéger les droits d'auteur, promouvoir la littérature jeunesse, etc.
Ce sont des journées qui cherchent à influencer les politiques, à sensibiliser, à changer les habitudes. À l'inverse, la Journée des amoureux des livres du 9 août ne cherche à rien changer. Elle ne propose pas de réforme, ne formule pas d'exigences, ne prétend pas corriger le système éducatif ou le marché du livre. Elle nous invite simplement à nous arrêter un instant, à poser les écrans et à lire un livre avec plaisir. Non par devoir et non par idéologie — par passion.
Cette multitude de journées témoigne d'une richesse. Tout comme la littérature elle-même est multicouche, les journées qui lui sont consacrées le sont aussi. Il n'est pas nécessaire de les unifier, tout comme il n'est pas nécessaire de réunir tous les genres littéraires sur une seule étagère. Chaque journée internationale, officielle ou non, souligne un aspect différent de la lecture, et chacune nous rappelle que la littérature est un espace bien plus vaste que les catégories que nous essayons de lui attribuer.
Le caractère unique du 9 août réside dans le fait qu'il n'est pas institutionnel. Il est communautaire. Il vit sur les réseaux sociaux, dans les recommandations des lecteurs, dans les photos de livres préférés. Il devient une base pour des initiatives de lecture, des rencontres, des défis annuels.
Peut-être précisément cette année, en Israël, au milieu d'un discours public bruyant où une déclaration irritante comme celle de Yaakov Bardugo selon laquelle Gadi Eizenkot « ne lit pas de livres » parvient à susciter une tempête, il est important de rappeler que la lecture n'est pas un test de loyauté politique. Ce n'est pas non plus une mesure de la qualité du leadership, et cela ne doit certainement pas être un outil pour attaquer une personne spécifique. Les livres et la lecture sont un espace humain, personnel et profond. Ils peuvent certainement être une source de connaissances, mais aussi une source de réconfort. La lecture peut être un outil stimulant la réflexion, mais aussi un refuge contre le quotidien.
Que nous marquions la Journée mondiale du livre ou que nous ouvrions simplement un livre préféré lors d'une chaude journée d'août, nous participons à une tradition ancienne : le désir de raconter des histoires et aussi de les écouter.
L'auteure est une éducatrice, ancienne présidente d'« Emouna » - le mouvement des femmes religieuses sionistes.



