Le rabbin Moshe Yazdi condamné à 18 ans de prison à Jérusalem
Le tribunal de district de Jérusalem a condamné le rabbin Moshe Yazdi, 63 ans, à 18 ans de prison ferme pour agressions sexuelles et blanchiment d'argent sur ses élèves. Il devra verser 150 000 shekels de compensation à chaque victime.

Le tribunal de district de Jérusalem a condamné dimanche le rabbin Moshe Yazdi, âgé de 63 ans, à une peine de 18 ans de prison ferme et un an de prison avec sursis. En mars dernier, il avait été reconnu coupable de deux chefs d'accusation d'infractions sexuelles et de deux chefs d'accusation d'infractions financières à l'encontre de ses élèves. Il devra également verser 150 000 shekels de dommages-intérêts à chacune des victimes.
Abus d'autorité spirituelle
Moshe Yazdi avait fondé et dirigeait l'association « Amudei HaShalom » dans le quartier de Boukharim à Jérusalem, où il officiait en tant que rabbin et chef spirituel. L'acte d'accusation déposé en 2022 faisait état de nombreuses agressions sexuelles sur des femmes de sa communauté venues assister à ses enseignements.
Les juges ont souligné dans leur verdict :
« Nous sommes convaincus que l'accusé avait pour habitude d'entretenir des relations sexuelles avec des femmes qui étaient ses élèves ou membres de la communauté "Amudei Shlomo" qu'il dirigeait. L'accusé a profité de son statut religieux et social, de son âge mûr, ainsi que du grand respect et de l'admiration qu'elles lui vouaient. Dans de nombreux cas, il a également exploité la situation familiale, économique ou émotionnelle difficile de ces femmes. »
Selon l'enquête, Yazdi prêchait à ses fidèles qu'ils devaient annuler leurs propres opinions et sentiments devant la « parole de la Torah » et les érudits, instaurant ainsi une emprise psychologique totale.
Manipulations religieuses et délits financiers
Lors des réquisitions, menées par les procureurs Aviad Dweck et Eyal Lidani, l'accusation a qualifié les faits d'une gravité exceptionnelle, dénonçant un mode opératoire systématique et continu. Selon le parquet, Yazdi a manipulé des concepts religieux durant des années, présentant ses abus sexuels comme des « réparations spirituelles » (tikounim), causant des traumatismes profonds et durables chez les victimes.
Concernant le volet financier, le tribunal a établi que Yazdi, alors en pleine procédure de faillite personnelle, utilisait les comptes bancaires de ses élèves pour dissimuler de l'argent à ses créanciers. L'accusation a demandé au tribunal de prendre en compte le fait que Yazdi n'a jamais exprimé de regrets ni assumé la responsabilité de ses actes, imposant aux plaignantes l'épreuve d'un procès éprouvant.





