« Quelle audace ? » : le pays qui inflige des amendes aux parents partant en vacances au milieu de l'année scolaire

L'absence à l'école aux Pays-Bas pour des vacances entraîne de lourdes amendes de 100 euros par jour et par enfant, des contrôles inopinés et même des enquêtes dans les aéroports. Le témoignage d'une Israélienne expatriée révèle le fonctionnement de ce système rigide.

Israel HayomAuteur : Asaf Golan
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« Quelle audace ? » : le pays qui inflige des amendes aux parents partant en vacances au milieu de l'année scolaire
Photo : Israel Hayom / חופשה משפחתית (אילוסטרציה) | צילום: GettyImages

Vous partez en vacances en famille au milieu de l'année scolaire ? Pour de nombreux Israéliens, c'est une affaire courante, mais pour ceux qui vivent en Europe, et en particulier aux Pays-Bas, il s'agit d'une infraction à la loi qui peut coûter cher.

Une publication d'Eti Hollander, une Israélienne vivant aux Pays-Bas, suscite une réflexion sur la rigidité du système éducatif local et sa confrontation avec la culture israélienne. « La loi sur l'obligation scolaire est une obligation, et si l'éducation est obligatoire, alors venir à l'école est aussi une obligation », explique-t-elle. « Aux Pays-Bas, partir en vacances au milieu de l'année et manquer les cours est quelque chose qui n'est pas envisageable ».

Selon la loi néerlandaise (Leerplichtwet), l'absence à l'école pour des vacances qui ne sont pas définies à l'avance dans le calendrier officiel — un phénomène connu dans le pays sous le nom de « Luxeverzuim » (absence inutile) — est totalement interdite. Pour être absent, une autorisation spéciale et une signature sur un document dédié sont requises à l'avance.

Les parents qui enfreignent les règles sont passibles d'une lourde amende : l'amende de base est de 100 euros par enfant pour chaque jour d'école manqué, et peut facilement atteindre des centaines, voire des milliers d'euros par famille.

Au-delà des amendes financières, l'application sur le terrain est particulièrement stricte. Dans les cas où il existe un soupçon de fausse déclaration — par exemple, un signalement de maladie juste avant un week-end ou des vacances officielles — les écoles sont tenues de le signaler à l'agent municipal de l'assiduité scolaire (Leerplichtambtenaar).

Ces agents effectuent des contrôles inopinés, et dans certains cas, des inspections surprises sont même menées dans les aéroports locaux (comme l'aéroport de Schiphol à Amsterdam) afin de repérer les familles qui partent en vacances pendant la période scolaire.

« Apprend aux enfants la responsabilité »

La réaction initiale de nombreux Israéliens face à cette politique est le choc. « Quand nous avons entendu cela pour la première fois, la réaction a été : « Quelle audace, comment osent-ils décider pour mes enfants ? », partage Hollander, mais elle présente aussi l'autre côté de la médaille :

« D'un côté, le système investit énormément dans l'éducation des enfants, et le minimum est que les enfants viennent en classe et ne restent pas à la maison juste parce qu'il fait un jour de pluie. D'un autre côté, cela apprend aux enfants à prendre leurs responsabilités et à comprendre leurs engagements envers le monde dès leur plus jeune âge. Il faut du temps pour l'accepter, mais à mes yeux, c'est incroyable ».

Selon elle, malgré la rigidité, le système n'est pas totalement fermé. Il existe des événements spécifiques (tels que des mariages familiaux, des funérailles ou les professions saisonnières des parents) pour lesquels il est possible d'obtenir une autorisation exceptionnelle d'absence, à condition que les parents soumettent la demande correctement à l'avance.

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