Le rabbin Dan Tiomkin explique le lien entre le prophète Habacuc et le traumatisme

Le rabbin Dan Tiomkin analyse les enseignements du Zohar sur le prophète Habacuc pour expliquer le traumatisme psychologique. Il conseille aux parents d'éviter la pression dans l'éducation.

WallaAuteur : Rabbin Dan Tiomkin
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Le rabbin Dan Tiomkin explique le lien entre le prophète Habacuc et le traumatisme
Photo : צילום: Walla.co.il

Dans la tradition juive, les récits bibliques offrent souvent des clés de lecture profondes pour comprendre la psychologie moderne. Le rabbin Dan Tiomkin s'appuie sur le Zohar pour illustrer comment les expériences de l'enfance façonnent les réactions émotionnelles à l'âge adulte.

Le double embrassement et l'épreuve de la prophétie

La Haftara de la paracha Vayeira relate l'histoire de la Sunamite, de son fils décédé et du prophète Élisée qui le ressuscita. Les sages du Zohar révèlent que cet enfant grandit pour devenir le prophète Habacuc (Chavakuk). Son nom, lié au mot hébreu signifiant « embrasser », évoque le double embrassement qu'il reçut : le premier de sa mère à sa naissance, et le second d'Élisée lors de sa résurrection.

Comme le souligne Maïmonide (Rambam), la prophétie est une épreuve physique intense où « les membres tremblent, les forces faiblissent et l'esprit se trouble ». Pour Habacuc, cette expérience réveillait le souvenir traumatique de sa mort clinique vécue dans l'enfance, provoquant une immense terreur.

Le Zohar explique ainsi ses prières comme une tentative de surmonter cette peur panique. L'ouvrage propose une parabole simple : une personne mordue par un chien tremblera de peur au moindre aboiement.

Les déclencheurs traumatiques au quotidien

Dans son ouvrage Bâtir une famille aimante, le rabbin Shimon Russell cite ces passages du Zohar comme une description classique des déclencheurs de traumatismes. Parfois, la colère soudaine ou le repli sur soi d'un adolescent ne relèvent pas de la rébellion, mais d'une réaction de défense face à une douleur ancienne réactivée.

Le rabbin Russell évoque le cas d'un homme incapable de se rendre à la synagogue, ce qui créait des tensions majeures dans son couple. L'analyse a révélé que son père le réprimandait constamment à la synagogue durant son enfance. Ce lieu était devenu synonyme d'échec, déclenchant une réaction de fuite à l'âge adulte.

Le chemin de la guérison par la compassion

Cette réalité psychologique impose une grande vigilance aux parents. Une pression excessive pour imposer des pratiques religieuses peut altérer la relation de l'enfant avec la foi. Si l'intimidation peut obtenir l'obéissance d'un jeune enfant, elle risque de provoquer sa fuite une fois devenu adulte.

Le traumatisme peut être surmonté et devenir un moteur de croissance personnelle. Cela exige des parents qu'ils abandonnent le jugement et la colère pour adopter une approche empreinte de compassion et d'amour, essentielle à la résilience et à la guérison.

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