Pots-de-vin sexuels à des arbitres, mensonges et dissimulation : le scandale qui secoue la Corée du Sud

Un scandale majeur a éclaté en Corée du Sud : un rapport gouvernemental révèle qu'au début des années 2010, des responsables de la fédération de football ont soudoyé des arbitres étrangers en leur offrant des visites dans des maisons closes. Cette affaire, qui ravive la guerre des genres dans le pays, provoque une onde de choc au sein de la société.

YnetAuteur : Zeev Avrahami
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Pots-de-vin sexuels à des arbitres, mensonges et dissimulation : le scandale qui secoue la Corée du Sud
Photo : Ynet / צילום: AP Photo/Lee Jin-man

L'équipe nationale de Corée du Sud a entamé la Coupe du monde avec de grandes ambitions. Placée dans un groupe relativement abordable (le pays hôte, le Mexique, la République tchèque et l'Afrique du Sud), elle a joué ses matchs au Mexique, où la culture sud-coréenne—des groupes comme BTS et Blackpink aux séries comme « Squid Game »—jouit d'une immense popularité. Malgré une victoire initiale prometteuse contre la République tchèque, deux défaites consécutives, dont celle contre l'Afrique du Sud, ont empêché l'équipe d'atteindre la phase à élimination directe. Ce fut une déception majeure pour la « génération dorée » du football sud-coréen, incluant Son Heung-min, Kim Min-jae et Lee Kang-in.

Le président Lee Jae-myung, furieux de cette élimination précoce, a ordonné au ministère des Sports, de la Culture et du Tourisme d'ouvrir une enquête. Peu après, l'entraîneur Hong Myung-bo a démissionné, suivi par le président de la Fédération sud-coréenne de football, sur fond de soupçons de népotisme. Ces événements ont durement touché une société déjà éprouvée par l'instabilité politique, marquée notamment par la destitution du président Yoon Suk-yeol par la Cour constitutionnelle en avril 2025, suite à sa déclaration de la loi martiale fin 2024.

Cependant, ce n'était que le début. Un nouveau scandale secoue désormais le pays. Un rapport gouvernemental a révélé qu'entre 2011 et 2012, des membres de la fédération de football ont soudoyé des arbitres étrangers officiant lors de matchs, notamment lors des qualifications pour les Jeux olympiques de 2012 et la Coupe du monde 2014. Les pots-de-vin prenaient la forme de visites dans des maisons closes et des salons de massage, payées avec les cartes de crédit de la fédération et classées sous l'intitulé « divertissement sexuel ». La police a perquisitionné les bureaux de la fédération la semaine dernière, et les autorités japonaises ont ouvert des enquêtes sur leurs propres arbitres soupçonnés d'avoir accepté ces paiements.

Ce scandale éclate dans un contexte de guerre des genres intense en Corée du Sud. Alors que la prostitution est illégale et que le pays fait face à un taux de natalité record de 0,7, la révélation que des fonds publics ont été utilisés pour des services sexuels tarifés a provoqué une vive indignation. De plus, il est apparu que le rapport initial détaillant ces paiements avait été préparé par le ministère des Sports dès 2016, mais était resté classé sans suite jusqu'à cette semaine. Pour le public sud-coréen, il s'agit d'une faillite systémique de la responsabilité impliquant le gouvernement, la fédération et le procureur général, bien au-delà d'un simple échec sportif.

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