Pénurie d'enseignants, violence et écarts : 8 défis qui attendent le prochain ministre de l'Éducation
L'année scolaire débute en septembre, mais les élections à la Knesset auront lieu en octobre. Le futur ministre de l'Éducation devra s'attaquer à des problèmes négligés depuis des années, de la crise des effectifs aux inégalités sectorielles.
Tâches pour le prochain ministre de l'Éducation : des problèmes qui vont au-delà des mathématiques
L'année scolaire débutera en septembre, mais les élections à la Knesset auront lieu à la fin du mois suivant, le 27 octobre. Quelques semaines plus tard, un nouveau ministre de l'Éducation pourrait entrer en fonction. L'actuel ministre, Yoav Kisch, a exprimé son souhait d'effectuer un nouveau mandat. Le futur ministre n'aura pas de temps pour s'installer et devra immédiatement apporter des solutions à des problèmes négligés depuis des années. Voici les huit principaux défis du système.
Pénurie d'enseignants : des classes vides de contenu
La crise la plus aiguë concerne les ressources humaines, et elle est devenue autant qualitative que quantitative. Les écoles sont contraintes de recruter des enseignants sans diplôme, des étudiants ou des remplaçants temporaires pour éviter de fermer des classes, ce qui nuit à la qualité de l'enseignement. Cela s'explique par des salaires peu gratifiants en début de carrière, un épuisement professionnel sévère et une dégradation du statut des enseignants. Le nouveau ministre devra présenter un plan de réforme dès sa première année.
Chute des résultats et croissance des inégalités
Les tests RAMA et les indicateurs internationaux révèlent une situation sombre : les élèves israéliens affichent des scores bas dans les matières fondamentales (mathématiques, sciences, anglais). Les connaissances et la capacité à lire couramment s'érodent, tandis que les inégalités des chances se creusent. Malgré les répercussions de la guerre « Épées de fer » et de la pandémie, le ministre devra formuler un plan pour renforcer les matières de base et réduire réellement les écarts.
Violence contre le personnel enseignant et crises émotionnelles
Les écoles sont devenues un champ de bataille où le sentiment de sécurité a diminué. Les enseignants et les directeurs font face quotidiennement à des insultes, des menaces et un manque de respect flagrant de la part des élèves et des parents. L'État n'en fait pas assez pour dissuader ces comportements. Le ministre devra tracer une ligne rouge concernant la protection des enseignants et résoudre simultanément la pénurie de psychologues et de conseillers pédagogiques.
Quatre courants : négligence de la supervision dans le secteur Haredi
Un élève sur quatre entrant en première année cette année étudiera dans le système Haredi. Bien que ces écoles soient tenues d'enseigner les matières fondamentales, la plupart ne le font pas. Le ministère de l'Éducation a longtemps fermé les yeux, et les tentatives de Yoav Kisch pour transférer des fonds à ces institutions ont été stoppées par le conseiller juridique. Le nouveau ministre devra décider comment traiter le financement de l'ignorance.
Discrimination budgétaire entre les secteurs
La répartition des fonds est déformée : un élève du secteur public-religieux reçoit un budget nettement plus élevé qu'un élève du système public-hébreu. Cette préférence crée une profonde frustration et une demande croissante d'égalité. La question est débattue devant la Cour suprême, les pétitionnaires réclamant davantage d'heures d'étude pour les élèves du système public-hébreu, une mesure aux coûts astronomiques.
Hostilité entre les secteurs : quatre systèmes distincts
Le système éducatif israélien est divisé en quatre systèmes isolés : public-hébreu, public-religieux, Haredi et arabe. Les élèves grandissent dans des « bulles » fermées sans se connaître, ce qui alimente l'aliénation et la méfiance mutuelle. Le nouveau ministre devra renforcer les programmes d'éducation à la vie commune et favoriser les rencontres entre élèves.
Stagnation des organisations syndicales
Les syndicats d'enseignants, dirigés par Yaffa Ben-David et Ran Erez, sont devenus le principal obstacle au renouveau. Toute tentative de réforme, qu'il s'agisse de flexibilité de gestion pour les directeurs ou de rémunération basée sur l'excellence plutôt que sur l'ancienneté, se heurte à un refus. Le système stagne en raison de menaces de grève constantes.
Effondrement de l'éducation spécialisée
Le système d'éducation spécialisée est en état de délabrement général. Il manque de cadres dédiés et de professionnels (thérapeutes, orthophonistes). La politique d'intégration dans les classes ordinaires est menée sans ressources appropriées. Le syndicat des enseignants s'oppose à l'intégration de plus de deux élèves à besoins particuliers par classe sans soutien, laissant au nouveau ministre la responsabilité de trouver des solutions.





