Plus qu'un poisson pour sushis : les secrets du thon rouge révélés
Quelle est la taille réelle de ce poisson, où migre-t-il et pourquoi est-il si important ? Découvrez la vie fascinante de ce super-prédateur marin et les efforts déployés pour le protéger.

Il est immense, traverse les océans et plonge à plus d'un kilomètre de profondeur. Pourtant, son destin est fragile. Le thon rouge de l'Atlantique, l'une des créatures les plus emblématiques du système marin, est bien plus qu'un simple poisson de luxe pour les sushis ; c'est un super-prédateur qui raconte l'histoire de la mer.
Nous avons discuté avec le Dr Eyal Bigal, chercheur postdoctoral menant des recherches à l'Université de Stanford et à la station de recherche marine Morris Kahn de l'Université de Haïfa. Ses travaux, présentés lors de la 54e conférence annuelle sur la science et l'environnement et financés par le ministère israélien de l'Énergie, se concentrent sur le marquage et la répartition de ces poissons géants afin de mieux comprendre leur mode de vie et de les protéger au niveau international.
Qu'est-ce que le thon rouge ?
« Le thon rouge est un poisson osseux, l'un des plus grands au monde, explique le Dr Bigal. Il vit plus de 30 ans, atteint un poids de plus de 650 kg et une longueur de plus de trois mètres. Au niveau écologique, c'est un super-prédateur au sommet de la chaîne alimentaire. Son rôle est vital car il régule les populations des espèces dont il se nourrit. L'état de ces prédateurs nous renseigne sur la santé globale de la mer. »
Le thon rouge parcourt des distances énormes, traversant l'Atlantique et la Méditerranée. Il existe deux populations principales : celle de l'Atlantique Ouest, qui se reproduit dans le golfe du Mexique, et celle de l'Atlantique Est, incluant les poissons présents près d'Israël. Après un déclin sévère dans les années 60 dû à la pêche industrielle, les populations se rétablissent grâce aux efforts internationaux de conservation.
La gestion d'une ressource partagée
La gestion est assurée par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), qui collecte des données scientifiques et distribue des quotas de pêche. Israël est en train de rejoindre cette organisation. « C'est crucial car il ne s'agit pas d'une espèce locale, mais de poissons qui parcourent la moitié du monde. Il est essentiel de les traiter comme une ressource partagée », souligne le chercheur.
Adaptations uniques et importance historique
Le thon rouge possède des adaptations physiologiques remarquables :
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Un système d'échange thermique unique dans ses vaisseaux sanguins lui permet de maintenir une température interne supérieure à celle de l'environnement, lui permettant de survivre dans des eaux très froides.
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Un tissu musculaire riche en graisses fournit l'énergie nécessaire aux migrations sur de très longues distances.
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Un mécanisme hydraulique contrôle la nageoire dorsale pour une efficacité de chasse maximale.
Historiquement, ce poisson est valorisé depuis 2 500 ans. Des découvertes archéologiques en Méditerranée orientale incluent des arêtes de thon, d'anciennes usines de salaison et même des pièces de monnaie à son effigie. Aristote lui-même a écrit sur le thon rouge, témoignant de son importance culturelle et économique.
Recherche et impact environnemental
En Israël, la méthode principale est la « palangre flottante », une ligne de 15 km avec des hameçons. Malheureusement, cette méthode n'est pas sélective et capture souvent des requins, des espadons et de jeunes thons en tant que prises accessoires.
Pour étudier leurs migrations, l'équipe du Dr Bigal utilise le marquage par satellite. Un ordinateur de la taille d'un citron est fixé au poisson pour enregistrer la température, la profondeur et l'intensité lumineuse. Une fois détaché, l'appareil transmet les données par satellite.
« Nous avons récemment découvert une nouvelle zone de reproduction le long de la côte américaine, ce qui remet en question les anciens modèles, déclare le Dr Bigal. De plus, nous observons le retour du thon dans des zones où il avait disparu à la fin du siècle dernier. »
Le changement climatique menace également ces poissons, car le réchauffement des eaux les pousse vers des latitudes plus septentrionales. Que peut faire le public ? « Le plus important est de savoir ce que nous mangeons, conclut le Dr Bigal. Nous devons privilégier des méthodes de pêche sélectives et soutenir la recherche écologique à long terme pour préserver la stabilité de nos systèmes marins. »
L'article a été préparé par Zavit — l'agence de presse de la Société israélienne d'écologie et des sciences de l'environnement.





