Peur sur les campus : 96 % des étudiants juifs au Canada ont été confrontés à l'antisémitisme

Un rapport gouvernemental révèle une réalité sombre sur les campus : la plupart des étudiants ont peur d'afficher des symboles juifs et estiment que les universités les ont abandonnés. Un tiers des cas de harcèlement sont le fait de professeurs et de membres du personnel académique.

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Peur sur les campus : 96 % des étudiants juifs au Canada ont été confrontés à l'antisémitisme
Photo : ICE / פרו פלסטינים (צילום shutterstock)

Une étude gouvernementale sans précédent et à grande échelle, menée au Canada par « CASE » (Chercheurs sur l'antisémitisme sur les campus et l'expérience étudiante), dresse un tableau alarmant de la situation des étudiants juifs dans le milieu universitaire. Selon les résultats, 95,7 % des étudiants juifs dans les établissements d'enseignement supérieur du pays ont déclaré avoir été confrontés à un incident antisémite ou en avoir été témoins au moins une fois au cours de l'année écoulée, tandis qu'environ 68 % ont indiqué que le campus n'est plus un espace sûr ou inclusif pour eux.

Le rapport, qui a interrogé plus d'un millier d'étudiants, dresse le portrait des harceleurs et a révélé un chiffre particulièrement inquiétant : outre 51 % des incidents commis par d'autres étudiants, un tiers des cas (33 %) ont été perpétrés par des membres du corps professoral, des chargés de cours et des assistants d'enseignement. Les incidents antisémites se sont produits principalement sur les réseaux sociaux (33 %), lors de réunions de groupes et d'événements sur le campus (25 %), ainsi que dans les amphithéâtres et les salles de classe (23 %).

Outre les agressions physiques et verbales, les données soulignent un profond manque de confiance dans le système : 89,1 % des personnes interrogées estiment que les universités ne prennent pas l'antisémitisme au sérieux, et seul un tiers des victimes ont choisi de signaler les incidents. La raison principale de l'absence de signalement était le sentiment que « cela ne servirait à rien », et parmi ceux qui ont signalé les faits, 62 % n'étaient pas satisfaits de la manière dont le dossier a été traité.

Les conséquences sur la vie des étudiants sont extrêmement graves : environ 72 % témoignent d'une dégradation de leur santé mentale, 60 % évitent de porter ou d'afficher des symboles juifs tels qu'une étoile de David ou une kippa, et environ 40 % ont même envisagé de changer de cursus ou de quitter l'établissement universitaire. Les chercheurs et les organisations à l'origine de cette étude appellent les directions des collèges et des universités au Canada à prendre des mesures immédiates et décisives pour éradiquer ce phénomène.

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