« Peter Pan » est de retour : un triomphe intemporel

38 ans après être devenu un phénomène culte, la comédie musicale bien-aimée de la fin des années 80 reprend vie. Avec Lee Biran dans le rôle de l'enfant éternel, Meshi Kleinstein en Wendy et le retour de Sasson Gabai en Capitaine Crochet, le metteur en scène Hanoch Rosen livre une bombe de nostalgie qui fonctionne à merveille.

MakoAuteur : Liran Yoshei
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« Peter Pan » est de retour : un triomphe intemporel
Photo : Mako / "פיטר פן", לי בירן ומשי קלינשטיין | צילום: דפנה בן נון, יחסי ציבור

Nous sommes en 1988. Hanoch Rosen, attaché par des cordes, survole le public, Hani Nahmias, vêtue d'une chemise de nuit blanche, chante à tue-tête « Ce soir, il doit arriver », et Sasson Gabai fuit un crocodile argenté aux yeux rouges. Cette scène est gravée dans l'esprit de chaque millénial de plus de 40 ans. La comédie musicale légendaire, mise en scène à l'origine par Uri Paster, a conquis les cœurs dès sa création au théâtre de Haïfa. Au fil des ans, elle est devenue un culte scénique, au point que sa cassette vidéo est devenue un objet de collection. C'est un véritable consensus culturel israélien, dont le retour exigeait une grande délicatesse.

C'est désormais chose faite. Hanoch Rosen, dont les talents de mime ont autrefois marqué le rôle, cède la place au très agile Lee Biran et s'installe dans le fauteuil du réalisateur. Leur collaboration, née des productions du « Festigal », porte ses fruits : Lee Biran est convaincant en enfant éternel. Meshi Kleinstein incarne Wendy Darling, tandis que la grande nouvelle est le retour de Sasson Gabai dans le rôle emblématique du Capitaine Crochet, figure éternelle de la peur de grandir.

Adapter un tel classique est un défi. Le texte et les chansons n'ont presque pas changé, et le message reste fidèle à l'original. Si certains pourraient regretter que la production ne soit pas plus moderne sur le plan social, cela n'entame en rien la magie du spectacle. La version 2026 prouve que « l'on ne change pas une équipe qui gagne ».

Les décors de Bambi Friedman, enrichis d'ajouts numériques, sont superbes, tout comme les costumes d'Ella Kolsnik. Les nouveaux arrangements musicaux de Ben Shopen apportent une fraîcheur bienvenue aux chansons cultes. Mais c'est Sasson Gabai qui éclipse tout le monde. Il prouve une fois de plus son immense talent : drôle et dynamique, il enchaîne les combats à l'épée avec une énergie qui fait oublier ses 78 ans.

Le public, composé d'« enfants éternels » transportés en 1988, a savouré chaque instant. Plus surprenant encore, leurs enfants ont été tout aussi conquis. Si l'on en croit les applaudissements tonitruants à la fin du spectacle, cette comédie musicale a passé l'épreuve du temps avec brio.

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