Pas Abdul El-Sayed : voici ce qui devrait vraiment inquiéter Israël aux États-Unis | Shlomo Shamir

Il est commode de qualifier les réactions hostiles envers Israël d'antisémitisme, mais cette définition est exagérée. À mon avis, il s'agit d'un sentiment anti-israélien. La diplomatie publique ne suffira pas à endiguer les critiques. Seul un changement de gouvernement en Israël permettra de restaurer ce soutien.

MaarivAuteur : Shlomo Shamir
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Pas Abdul El-Sayed : voici ce qui devrait vraiment inquiéter Israël aux États-Unis | Shlomo Shamir
Photo : Maariv / עבדול אל-סייד | צילום: רויטרס

Ils exagèrent. Les reportages et commentaires dans les médias sur les victoires des candidats aux primaires du Parti démocrate au Congrès sont souvent largement surestimés. Ces exagérations détournent l'attention des véritables préoccupations concernant les récents développements sur la scène politique intérieure américaine. Un exemple frappant est la réaction à la victoire du Dr Abdul El-Sayed lors des primaires démocrates pour le Sénat du Michigan.

Impossible d'ignorer le succès du Dr El-Sayed, médecin et voix marquante de la gauche américaine, qui a battu Haley Stevens, représentante de l'establishment du parti. Cependant, les évaluations selon lesquelles il radicaliserait la politique du Parti démocrate vis-à-vis d'Israël sont sans fondement.

S'il est élu, le Dr El-Sayed n'aura pas d'influence significative sur l'élaboration de la politique du Parti démocrate envers Israël. Ce n'est pas une supposition, mais une conclusion tirée de l'influence négligeable des autres membres du Congrès connus pour leur hostilité envers Israël.

Le sénateur indépendant Bernie Sanders, qui est juif, nourrit des opinions si hostiles envers Israël qu'il aurait pu, sous le régime nazi, occuper un poste élevé au ministère de la propagande de Goebbels. Pourtant, il n'a aucune influence sur la direction démocrate. Il en va de même pour la députée Alexandria Ocasio-Cortez. Le Dr El-Sayed n'a aucune chance d'obtenir un statut influent parmi les hauts responsables démocrates sur cette question.

Ce qui devrait réellement troubler l'Israël officiel, c'est la détérioration du soutien parmi les dirigeants du Parti démocrate, une structure traditionnellement connue pour son soutien à Israël.

La dernière manifestation de ce déclin a été le récent vote au Congrès sur un projet de loi contre l'aide à Israël. Bien que le projet ait été rejeté, le fait que 103 membres démocrates aient soutenu l'amendement est significatif. Les sondages montrent que cette baisse de soutien ne se limite pas aux démocrates, mais est également répandue chez les républicains.

Les entretiens avec des commentateurs chevronnés à Washington et des diplomates de haut rang à l'ONU suggèrent que le motif de cette détérioration croissante est la politique du gouvernement israélien, en particulier sa composition « entièrement à droite ».

Il est commode de définir les réactions hostiles envers Israël comme des manifestations d'antisémitisme. À mon avis, cette définition est elle aussi exagérée. Il ne s'agit pas d'antisémitisme au sens historique, mais plutôt d'un sentiment anti-israélien. La diplomatie publique ne suffira pas à endiguer les critiques. Ce qui restaurera le statut d'Israël et ramènera le soutien solide dont il jouissait autrefois aux États-Unis, c'est un changement de gouvernement : une nouvelle administration qui représentera le bel Israël.

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