Nétanyahou doit convaincre Trump : comment sortir du piège iranien ?

La première mission du Premier ministre sera de convaincre le président américain de l'inutilité des négociations avec l'Iran et de la nécessité d'une pression constante. Israël doit également rester vigilant concernant un éventuel accord nucléaire saoudien et se méfier des nouveaux acteurs politiques en Syrie.

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Nétanyahou doit convaincre Trump : comment sortir du piège iranien ?
Photo : Israel Hayom / טראמפ, ואנס ונתניהו. צילום: רויטרס

« La meilleure réponse à tous les problèmes créés par l'Iran est un changement de régime. Quand cela arrivera, il y aura un nouveau Moyen-Orient ». Ces mots, prononcés par le regretté sénateur Lindsey Graham lors de l'opération « Lion rugissant », méritent d'être entendus lors de ses funérailles, même s'il semble actuellement que l'administration américaine agisse dans d'autres directions pour résoudre la crise avec l'Iran.

Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou s'envolera pour Washington sur fond de l'opportunité supplémentaire que le président Donald Trump offre à la voie diplomatique. Cette fois encore, la proposition de médiation est promue par le Pakistan avec le soutien et l'appui de la Chine, dans le but de relancer l'accord intérimaire et de renouveler les pourparlers directs entre les États-Unis et l'Iran. Les frappes américaines ont certes été suspendues, mais le blocus maritime se poursuit, tout comme ses dommages économiques pour l'Iran.

À ce stade, la principale pierre d'achoppement reste le détroit d'Ormuz. Le président Donald Trump ne peut pas se permettre de renoncer à la liberté de navigation, et d'un autre côté, les Iraniens ne peuvent pas faire de compromis sur ce levier de pression.

Les exercices que les Iraniens mènent sur la question d'Ormuz sont le prélude à ce qui est attendu sur les questions nucléaires complexes. La motivation des dirigeants de Téhéran à obtenir l'arme nucléaire a augmenté à la suite de la guerre, et les chances qu'ils permettent à Donald Trump d'obtenir la victoire qu'il recherche sur cette question sont minces.

Dans ce contexte, la Maison Blanche comprend plus que jamais les déclarations de Lindsey Graham sur la véritable solution, mais les inquiétudes concernant les chances de l'atteindre et ses coûts orientent les efforts vers la voie futile des négociations.

La première tâche de Benyamin Nétanyahou sera de convaincre le président Donald Trump et son équipe de l'évaluation de la situation et de la futilité de la voie des négociations. Les positions du vice-président américain lui poseront un défi difficile. S'il y parvient, la suite de la discussion portera sur les alternatives stratégiques pour poursuivre la campagne.

Il faut supposer qu'Israël, dans son aspiration à provoquer un changement de régime, préfère l'alternative d'une pression militaire et économique prolongée à un embrasement limité dans le temps. Alors qu'une pression soutenue aggravera la crise économique en Iran et encouragera les troubles internes, un embrasement temporaire — même s'il détruit des capacités supplémentaires des Iraniens — ramènera finalement les relations sur la voie des négociations et permettra au régime de se rétablir.

Cependant, il n'est pas certain que le président Donald Trump soit prêt à supporter les coûts économiques de cette alternative, qui ne garantit pas non plus une réponse claire au problème nucléaire. Dans une telle situation, la crainte est que Donald Trump ne soit tenté par un « mauvais accord » — un accord qui fournit des solutions pour les apparences ou à court terme. Lorsque le choix se pose entre un tel accord et un embrasement limité, il semble que la position d'Israël soit claire.

Le nucléaire saoudien

Benyamin Nétanyahou, il faut le supposer, saluera à nouveau l'annonce du président Donald Trump selon laquelle l'accord nucléaire signé entre les États-Unis et l'Arabie saoudite n'inclura pas d'enrichissement et sera « conditionné à son adhésion aux accords d'Abraham ». Cette annonce pourrait apaiser certaines des inquiétudes apparues à la suite des premières publications sur l'accord entre les pays, mais elle soulève également des questions.

Premièrement, il n'est pas clair comment cela s'accorde avec la clause de l'accord qui laisse l'option de l'enrichissement en Arabie saoudite soumise à un examen conjoint par les deux pays. En supposant que Washington sache comment gérer cela, la plus grande question est de savoir quels incitatifs la maison royale de Riyad a pour rejoindre les accords d'Abraham — surtout à la lumière de la large opposition qui existe dans l'opinion publique saoudienne à une telle démarche.

La normalisation avec l'Arabie saoudite est certes un objectif important pour Israël, mais il ne faut pas payer de prix politique ou sécuritaire pour cela. La relation avec elle doit être un intérêt clair de chaque pays qui recherche un partenaire fort, possédant une puissance sécuritaire, technologique et économique.

Ne pas se laisser tenter en Syrie

Il ne faut pas être impressionné par les déclarations d'Al-Joulani sur son désir de parvenir à un accord de sécurité, qui ouvrirait la voie à un accord politique avec Israël. On peut le soupçonner d'être un mandataire d'Erdogan ou un djihadiste en costume ; ce ne serait pas suspecter l'innocent. Un sage proverbe arabe avertit — « Al-kalam ma aleihum jamrak », les mots qui sont déversés dans l'espace aérien ne sont pas soumis aux droits de douane. Il doit être mesuré par ses actions au fil des ans, et non par ses paroles pendant sa courte période de règne.

L'auteur est le chef de l'Institut Misgav pour la sécurité nationale et la stratégie sioniste, et a servi comme chef du Conseil de sécurité nationale en 2017-2021.

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