Apprendre à lâcher prise : pourquoi est-il si difficile pour une mère de laisser partir son enfant

Laisser son enfant s'ouvrir au monde est une étape émotionnelle intense pour chaque mère. Analyse psychologique du processus de séparation, de la perte de contrôle et de l'adaptation maternelle.

WallaAuteur : Lea Auerbach
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Apprendre à lâcher prise : pourquoi est-il si difficile pour une mère de laisser partir son enfant
Photo : צילום: Walla.co.il

Laisser partir notre enfant dans le monde est une épreuve difficile. C'est un moment déchirant où nous le laissons derrière une porte et nous éloignons — qu'il s'agisse de la porte d'une crèche, d'une école, d'une yéchiva ou même de sa propre nouvelle maison. Qu'est-ce qui nous déchire tant à cet instant ? Tentons de mettre des mots sur l'une des expériences parentales les plus profondes que nous vivons en tant que mères d'enfants en phase d'adaptation, qu'ils aient deux ou vingt ans.

Un moment de perte de contrôle

C'est un instant où nous perdons le contrôle, un contrôle qui découle d'un besoin très profond, pour ne pas dire vital, de s'assurer que tout va bien. C'est le moment où nous l'envoyons affronter l'inconnu, tout en restant nous-mêmes dans l'incertitude jusqu'à ce que nous le revoyions.

Franchir l'étape de la différenciation

Maintenir le lien dans la symbiose est peut-être épuisant, mais c'est aussi intuitif et facile. Le cœur parle sans mots, l'esprit sait naturellement quoi faire. Maintenir le lien dans la séparation est un défi bien plus grand. Cela nous propulse vers la prochaine étape de notre développement en tant que mères, nous obligeant à mûrir encore un peu et à accepter une complexité plus grande. Permettre à l'enfant de se frotter directement au monde et de se développer à sa manière nous entraîne dans une danse, parfois sauvage, entre proximité et distance.

Face aux blessures du passé

C'est aussi un moment où nous rencontrons des traumatismes oubliés qui refont surface : nos propres expériences d'enfance qui se rejouent sous nos yeux, des espoirs déçus, d'anciennes blessures de rejet et toutes sortes de vieux démons qui ont grandi dans l'ombre. Soudain, nous ne voyons plus le monde à travers les yeux de notre enfant, mais à travers ceux de la petite fille que nous étions, et que nous sommes encore un peu.

Le gouffre des angoisses maternelles

Lorsqu'il n'est pas à nos côtés, il est vulnérable. Qui sait comment il sera traité, comment il sera perçu, si l'on verra en lui ce que j'y vois ? Sera-t-on assez sensible à son égard ?

Non, personne ne sera aussi sensible que vous. Il va traverser des moments qui lui serreront le cœur, le laisseront seul et exposé, l'obligeront à se forger une armure ou le feront pleurer de panique.

C'est peut-être ce que nous avons le plus de mal à supporter : savoir qu'il est projeté hors de notre atmosphère protectrice vers des instants de vide, dans un univers qui ne parle pas toujours sa langue.

Notre cœur de mère réagit intensément : il cherche par tous les moyens à minimiser la douleur, à adoucir la séparation, à rester encore un peu — ou alors il se protège, se ferme et se détache de la panique en utilisant des phrases banales comme « je lui fais confiance », « il doit se forger un caractère » ou « tout le monde passe par là », dont le seul but est de refermer un couvercle lourd sur nos angoisses profondes.

Les mères s'adaptent aussi

Les enfants s'adaptent, et les mères aussi. Nous apprenons à porter leur cœur et le nôtre, à rester présentes même dans l'incertitude, le compromis et la douleur de l'impossible. C'est une danse continue entre distance et proximité, un pas vers notre propre maturité de mère.

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