Législatives au Maroc : recul de la coalition et progression des islamistes

Les législatives au Maroc confirment un recul de la coalition sortante et un retour des islamistes au Parlement, dans un contexte de faible participation et de défis économiques.

YnetAuteur : Lior Ben Ari
Source
Législatives au Maroc : recul de la coalition et progression des islamistes
Photo : Ynet / עזיז הנאווי, הפעיל האנטי-ישראלי שתועד דורך על דגל ישראל - ונכנס לפרלמנט

Le Maroc a publié les résultats presque définitifs des élections législatives, révélant un recul des partis de la coalition au pouvoir tandis que l'opposition islamiste a enregistré un net rebond. Selon le ministère de l'Intérieur à Rabat, le Parti de l'authenticité et de la modernité (PAM) est arrivé en tête avec 97 sièges sur 395. Le PAM faisait partie de la coalition sortante aux côtés du Rassemblement national des indépendants (RNI), qui a subi un net recul en obtenant 66 sièges. Le parti conservateur de l'Istiqlal a remporté 65 sièges, tandis que le Parti de la justice et du développement (PJD), formation islamiste qui dirigeait le gouvernement jusqu'aux élections de 2021 avant de s'effondrer à 13 sièges, a fortement progressé pour s'emparer de 54 sièges.

Le « Gouvernement du Mondial » et les prérogatives royales

Le Maroc est une monarchie constitutionnelle dirigée par le roi Mohammed VI, qui détient de larges pouvoirs en matière de politique étrangère, de défense et de décisions stratégiques. Par conséquent, les résultats électoraux ne modifieront pas fondamentalement l'équilibre des pouvoirs à Rabat, mais le futur exécutif gérera la gestion quotidienne d'une population de 39 millions d'habitants pour les cinq prochaines années. Ce nouveau gouvernement devra notamment superviser un vaste programme de développement des infrastructures d'une valeur estimée à 20 milliards de dollars, en prévision de la Coupe du monde de football de 2030, que le Maroc coorganisera avec l'Espagne et le Portugal.

Selon la constitution de 2011, le souverain est tenu de nommer le Premier ministre issu du parti arrivé en premier, conférant au PAM la responsabilité de former le prochain cabinet. Les spéculations vont bon train quant à la personnalité qui occupera ce poste, citant notamment Faouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football, ou encore Fatima-Zahra Mansouri, maire de Marrakech et ministre de l'Urbanisme, qui pourrait devenir la première femme à diriger le gouvernement marocain.

Impact sur les relations extérieures et enjeux socio-économiques

Bien que le pouvoir réel demeure entre les mains du Palais royal, la poussée des islamistes suscite des interrogations, notamment en raison d'une campagne électorale marquée par des discours critiques envers Israël et les accords de normalisation signés en 2020. L'entrée au Parlement de militants anti-normalisation notoires soulève des inquiétudes quant au climat politique futur, sur fond de participation électorale en baisse à 38 % et de défis socio-économiques persistants, notamment le chômage des jeunes.

Dans la même rubrique